brèves de classe

27 juin 2016

Encore un blog ! ICI

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12 mai 2016

Les monstresses

Ma gestion plutôt souple devient problématique en fin d'année:

Mai et juin sonnent le réveil des monstres ou des monstresses:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

c'est le moment idéal pour une , deux , trois

ou, comme cette année, quatre élèves qui vivent

la classe comme une scène.

Une fois les bulletins distribués,

les passages annoncés.

Juliette s'énerve, traverse la classe

en grandes enjambées, soupire au nez de l'adulte.

Les trois autres élèves ont déjà eu un petit entretien,

la sanction puis la rencontre avec les parents.

Après amorcé une discussion avec Juliette

(quelles larmes se cachent derrière une si grande colère mise exergue?),

donné quelques punitions,

la maîtresse lui demande d'aller se calmer ds le bureau du directeur.

elle n'a pu rencontrer les parents qu'une seule fois dans l'année,

et elle était la seule a voir un problème:

"Juliette écoute bien sa grande sœur, Juliette accompagne les deux plus jeunes à l'école,

Juliette a la fibre artistique, Juliette a beaucoup progressé par rapport à l'an dernier"

alors que la maîtresse, elle, constate que les cahiers se perdent à la maison,

les devoirs non faits , les évaluations jamais signées.

alors, deux mois avant les vacances, la maîtresses aimerait bien un peu de sérénité et

au lieu de cette gamine qui hurle pour règler des comptes.

(certainement pas avec son enseignante qui l'a laissée

prendre de beaux rôles et s'épanouir sur scène !)

" Va te calmer dans le bureau du directeur!

" Ah ba non ! vocifère l'insolente.

la maîtresse sent la moutarde lui monter au nez.

Elle sent aussi le regard des élèves et le rapport de force qui se joue.

" DONNE-MOI TON CAHIER DE CORRESPONDANCE!"

Et là, la monstresse se ramollit et tente un dernier "oh non maîtresse!" puis sanglote

La maîtresse s'étonne : "Mais Juliette,

pourquoi pleures-tu puisque tu as perdu ton cahier de correspondance il y a plus d'un mois!!!!"

Il y a des absurdités incroyables !

 

 

 

 

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24 avril 2016

Le papa d'Amin

 

En décembre , le durcissement des dispositifs de sécurité ne m'ont pas permis

de rencontrer tous les parents, comme à l'accoutumée.

Finalement, la dernière semaine, veille de vacances, j'ai donné des rendez-vous

à mes petits élèves afin de leur remettre individuellement leur bulletin.

Qui est le plus concerné par le bilan trimestriel que les enfants?

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Aujourd'hui j'egrène les rencontres

avec les parents . Parcimonieusement.

Parfois de belles rencontres....

Le papa d'Amin par exemple.

Je ne l'avais jamais rencontré

puisqu'il était parti à l'étranger 

pour le travail mais Amin était incapable

de me dire quel était le métier de son papa .

Peut- être agent secret ? lançais-je parfois

au coco qui riait mais qui ne travaillait pas plus!              Amin

Puis un soir, le papa d'amin entre dans la classe pour n'en sortir

que deux heures plus tard!  Un papa adorable, un peu bavard certes,

un papa qui a grandi sur un autre continent,

un papa qui vivait dans un village au cœur d'une campagne isolée.

Un village si loin de son école.Mais le papa d'Amin était un enfant curieux

qui n'a jamais été poussé par un vieux père illettré,

juste mu par son désir d'apprendre.

Un enfant qui a bénéficié d'une bourse pour venir étudier en France.

Un papa qui a fait de grandes écoles, un homme savant

qui a rencontré une femme lettrée de la même nationalité que lui .

Une rencontre qui m'a bouleversée comme la lecture un livre émouvant.

Une histoire familiale que l'enfant ignore:

" il faut parler de sa famille, il faut lui raconter votre parcours."

Et puis au final on convient du fait que sa mère est fan de son fils unique,

fils aîné. une chance, un bonheur qui n'a, cependant, pas permis à la maman

d'entendre les difficultés de son fils énoncées par les maîtresse au 1er trimestre.

J'aime rappeler Parfois à Amin qu'il a un devoir vis à vis de son père.

Lui qui se meut avec lenteur sur le chemin des savoirs à une histoire à rencobntrer,

une dette à honorer.

Ce n'est pas que la maîtresse, ni ses parents qui lui demandent de devenir

un élève autonome et motivé,c'est une voix de l'autre côté de l'océan,

la voix de sa famille d'ailleurs qui attendent d'être fier de lui !

il faut qu'il trouve en lui la force et le courage de son père .

Mais pour cela il doit rencontrer ce père héroïque

qui se cache dans l'histoire familiale tue.

 

 

 

 

 

 

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20 avril 2016

Élian

La maîtresse a apprivoisé l'enfant mutique.

Enfin elle le croyait

car, au retour des vacances de Noël, 

tout était à reconstruire.

Alors la maîtresse lâche l'animal farouche: 

il faut laisser le temps au temps

(ça elle l'a appris avec son fils).

Il faut laisser germer

 les jolies graines qu'elle a semées. 

Libre à l'enfant de laisser fleurir,

s'épanouir la belle récolte.Une  maîtresse ne peut pas tout.

(ça elle l'a appris au quotidien de sa pratique).

C'est bon de ne plus se sentir responsable du bonheur de ses petits élèves.

Elle y participe seulement.

Elle n'a plus de culpabilité ancienne et secrète à apaiser.

Alors la maîtresse place Élian à côté du plus grand bavard de la classe,

bavard mais bon élève, bavard mais riche en lexique soutenu .

Et très vite l'animal rétif papote, apostrophe la maîtresse, rit ,

parle seul ou avec son voisin. Très bien, très bien!

Maintenant, Cher Élian, il faut mettre les mots au service des apprentissages:

maintenant elle n'a plus peur de le booster, elle le secoue, le pousse

dans ses retranchements, exige un rendement intellectuel qu'elle finit par obtenir.

Par contre  , "NON" il " n'aime pas le théâtre".

Bon , une chose est certaine :

la maîtresse ne prend pas toujours les paroles des enfants pour argent comptant.

Élian refusera de signer le contrat (la nouveauté de cette année:un engagement

qui rappelle à chacun qu'on travaille encore sur scène donc on limite les chahuts)

Pendant les répétitions Élian observe les groupes. Parfois il en intègre un  et

la maîtresse fait semblant de n'avoir rien vu.

Finalement il demande un rôle , elle s'exécute en échange de sa signature sur le contrat.

Mais deux séances plus tard, il veut un rôle plus grand puis ce sera un rôle plus petit :

UNE VRAI GIROUETTE que la maîtresse ne peut plus suivre depuis longtemps.

" Tu décides , tu choisis mais tu t'y fixes et tu ne  changes plus d'avis

sinon je vais devenir chèvre!!! "

Élian sourit, choisit, participe.

Quand la maîtresse demande si maintenant il aime le théâtre, Élian reste évasif:

"Je ne sais pas."

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27 janvier 2016

Kevin et Laurine

Laurine est une jolie fillette ,

charmante blonde vénitienne aux yeux verts;

une mignonnette qui minaude en s'adressant à la maîtresse,

une demoiselle qui montre toute la force qui l'habite sur la scène du théâtre.

La douce Laurine parle ainsi à Kévin:

" oui je veux bien te prêter le feutre mais tu en prends soin et tu me le rends dès que tu as terminé!

Tu as compris? ajoute-t-elle en roulant des yeux noirs. 

-Oui oui, j'ai compris !" répond calmement Kévin l'affreux bagarreur aux poings frappeurs!

Laurine, la charmante a l'aurorité d'un dragon avec un Kevin qui lui mange dans la main....

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20 décembre 2015

KEVIN

Je n'ai jamais beaucoup apprécié cet enfant qui a toujours fait beaucoup d'histoires,

un enfant qui m'a toujours semblé sournois. Et puis le voilà dans ma classe

et très vite il a posé problème: Kevin ne travaille pas,

apprend aucune leçon et frappe à tour de bras.

Et ce n'est jamais lui, selon Kevin,

c'est toujours de la faute des autres.Jeune garçon en surpoids

Mais une fois les règles rappelées,

la sanction posée ,

après quelques visites

dans le bureau du directeur,

je prends toujours le temps

de comprendre ce qui s'est passé

en questionnant les protagonistes.

A chaque fois Kevin rétorque :

"il m'a traité de gros...elle a dit

que j'étais gros,

il s'est moqué de mon poids ".

Les enfants en question ne sont pas des enfants belliqueux et ce serait étrangement toujours les mêmes reproches.Depuis quelques semaines, je lance Kevin sur une autre piste: "peut-être que c'est toi qui te dis - je suis gros-  et peut-être que tu imagines que c'est la voix des autres"   Kevin a un léger surpoids mais rien d'alarmant,rien de si manifeste, rien de si visible.                                                                                                        Et puis cette semaine, il a frappé Laura . Laura ne se laisse pas faire, c'est une coquine qui a de la répartie. Mais en ce moment Laura ne va pas bien et , ce jour là, elle a beaucoup pleuré. Alors à l'heure de la sortie, je les retiens à la grille pour savoir le fin mot de l'histoire. Laura assure qu'elle n'a rien dit au sujet de son poids . Alors je me tourne vers Kevin pour lui dire sans aucune animosité quelque chose qui ressemblait à ça:                                                                                                                                                "Moi je pense que Laura ne ment pas, je pense que peut-être tu crois que tout le monde te regarde, que tout le monde parle de ton poids et se moque, tu crois cela parce que c'est toi qui pense que tu es trop gros".  Soudain  un peu de vérité brille dans ses yeus et de grosses larmes muettes roulentsur ses joues. Je suis émue pas ce rude bonhomme qui n'a jusqu'ici jamais montré de sensibilité. C'est alors que papa arrive, alarmé de voir son fils pleurer. Je lui explique ce dont il retourne et  explique que les coups c'est sa difficulté  respecter les règles de la classe mais c'est aussi une qestion d'estime de soi à construire.                                                                                                    Le petit frère à côté demande " c'est quoi l'estime de soi? "

Je crois que c'est aussi une question à reprendre en classe !

 

 

 

 

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14 décembre 2015

Amin

 

Amin fait rire les élèves : il y a en lui un pierrot lunaire que la classe regarde avec tendresse.Afficher l'image d'origine

" Ça y est maitresse j'ai fini!

- tu as fait aussi l'exercice de conjugaison?

- NOOOOOON! j'ai fini LE LIVRE...."

Evidemment, ses camarades ont ri !

Oui car ,pendant que la classe s'échinait au-dessus des exercices de systématisation,

Amin lui, lisait avec bonheur un livre de 240 pages.

Son sourire malicieux nous dit que cette place lui convient.

Moi je m'inquiète, parfois, quand un cortège d'erreurs apparaît.

Amin semble être un bienheureux qui met toutes les maîtresses dans sa poche.

 

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12 décembre 2015

Elian

le bavard, Elian qui chahute dans la cour

devient, en classeAfficher l'image d'origine

Elian l´absent,

absent de lui-même

lorsqu'il se retrouve

face à son cahier.

et puis lorsqu'il s'agit

de prendre

la parole ,

Elian refuse,

secouant sa longue frange,

rougit, se ferme.

Détournant le regard,

Elian semble

craindre sa maîtresse,

Elle qui trouve cet enfant si attachant,

elle aimerait tant apprivoiser l'animal qui la tient à distance.

Alors, elle lui a proposé un changement de place, loin du tableau, loin du bureau,

loin d'elle. [une hypothèse, un test, une expérience]

Alors, de loin en loin, elle provoque

des petites conversations en passant près de sa table.

" Est-ce que tu  comprends les consignes ?"

- ça va, répond l'enfant 

La maîtresse lit dans le regard serein de l'enfant qu'elle fait fausse route.

- C'est parce que le travail est trop difficile?

- Non, répète l'enfant avec une légère assurance.

[manifeste-t-il reellement ce qu'il ressent?]

- Peut-être as-tu peur de te tromper?"

Et là, la maîtresse perd le contact avec l´enfant, un enfant qui s'agite, puis qui ,

en se tournant vers l'adulte, lâche un " oui j'ai peur de me tromper!"

Elian vient de cette fameuse classe,

celle où les enfants s'éteignent sous les cris de la maîtresse,

celle des dimanches soirs aux maux de ventre, indices de l'humiliation;

cette classe où les enfants fragiles perdent confiance en l'adulte,

confiance dans les apprentissages, confiance en eux.

La maman d'Elian, de sortie en sortie, de jour en jour, se rapproche

de la grille, se rapproche de la maîtresse

[ Faudrait-il, elle aussi, l'apprivoiser ? ]   et commence à parler :

Elle révèle qu'Elian n'est plus malade le dimanche soir et va à l'école avec entrain.

La nouveauté de l'année ce sont les amis: Elian a des amis!

Puis la semaine suivante, la maman explique le divorce douloureux de l'année passée,

un enfant qui ne savait pas où et avec il allait vivre.

Mais je sais que cette année sera douce, je le sais depuis toutes ces années à ramasser

les petits élèves à la petite cuillère, des petits élèves qui se remettent à vivre, à rêver ici.

Je sais que cette année sera douce car le rêve transforme le chagrin de la séparation;

le théâtre, la littérature, la poésie, la peinture

transforment les grandes douleurs en joies sublimes

Et puis , au bout du compte l'art amène au travail avec le meilleur de soi-même.

Et puis je vois bien qu'Elian a besoin de ses petits compliments,

il a besoin qu'on souligne ce qu'il sait faire.

Je devine son sourire au moment où il me tourne le dos...

 

 

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30 novembre 2015

Isabelle Peloux

ICIaffiche 2015

 

 

J'y étais

UNE JOLIE RENCONTRE AVEC ISABELLE PELOUX

et son L’École du Colibri

aux Amanins

 

 

 

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27 novembre 2015

DEMAIN

 

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 ici

« La Non-violence à l’école »  à Paris

 

 

 

 

 

 

 

 

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