09 avril 2012

Cette année la maîtresse a encore été monomaniaque et elle a donné des poèmes à foison.

Uniquement des poèmes.

Ses élèves ont rimé aussi dans leur petit cahier secret : un espace pour s'essayer ,se chercher, se risquer.

Et puis à 13h30, pour l'appel,  ce n'était toujours elle qui lisait un poème mais un élève qui

offrait ses rimes à lui: essais maladroits, hasardeux, parfois étonnants (comment cela a-t-il pu

sortir de moi?), souvent heureux.

Mais vendredi Jean, le scientifique,  a levé le doigt et nous a offert son texte : 

 c'était l'histoire du soleil qui s'ennuyait et qui

 créa la lune.

 Premier texte spontané  - qui s'apparente à un

  conte des origines - accueilli avec jubilation.

Aujourd'hui la maîtresse a coupé dans la largeur des cahiers de brouillon

- ainsi devenus carnets secrets- et les a posés sous le tableau.

Demain elle les mettra sur la piste des récits.

elle sait ,qu'un jour , elle leur lira ses poèmes et ses histoires à elle.

 

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LA GIFLE, LE POISON, LA TEMPÊTE

La maîtresse n'a pas réussi à utiliser ses outils :

communiquer sans violence.

Ni la violence de l'autre, ni la sienne.

Elle a senti en elle le poison de la tempête  et

ça l'empêche de voir la vie avec sérénité.

Par sécurité, elle a pensé que la gifle ne lui était pas adressée

à elle personnellement mais à son image,

à ce qu'elle représente aux yeux de celui qui la regarde.

Par exemple, la maîtresse est désordonnée; l'observateur éparpillé qui arbhore cet aspect ainsi pourrait

avoir envie de crier sur elle ,sur le fatras qu'elle représente, sur l'immonde, l'horreur en elle qui rappelle

l'horreur en soi. La maîtresse est désordonnée, sa collègue aussi mais  

peut être est-ce pour une autre raison que celle-ci avait crié.

Sa collègue l'a d'abord gratifiée d'un proverbe à la noix puis

l'a prise à parti. Devant ses élèves. Elle a remis en cause la sanction

infligée à l'élève de cette collègue. Elle a pinaillé, enquêté,

elle l'a roulée dans la farine devant ces petits témoins.

L'an passé déjà cette même collègue l'avait déjà incendiée,

laminée devant tous ses élèves.

La maîtresse avait été pleutre devant la lèvre tremblante de la vilaine car

il lui avait semblé que tempête était copine avec  naufrage .

Et puis pas facile de dire "STOP J'AI BESOIN DE RESPECT"

afin d'éradiquer la violence.

La maîtresse avait surtout exigé d'être désormais invisible.

Mais elle savait que, tous les midis, elle était rhabillée pour l'hiver .

Et rebelote cette année  !

A nouveau devant ses élèves.

À ça non alors!

Cette fois la maîtresse a tenu le haut du pavé, elle n'a pas baissée la tête

lorsque l'autre est partie.

Colère intérieure face à une accusation illégitime, injustifiée.

puis la maîtresse a servi sa version à tous ses collègues,

histoire de ne pas leur laisser un seul son de cloche retentir.

ACTE D'AGRESSION SUPRÊME AU YEUX DE CERTAINES.

Quelques jours plus tard la maîtresse tente une explication

avec sa collègue, après la classe.

"Tu as cherché à m'atteindre à travers mon élève!" a assené la vilaine.

La maîtresse sait , elle, qu'elle a soldé tous ses comptes dans un cabinet parisien,

avec son rendez-vous du vendredi soir.

Une pluie de reproches qui se clôt par le proverbe d'une deuxième collègue.

C'est utile la culture générale!

Les larmes ont coulé sous le poids des critiques.

La maîtresse cache  un secret : un sentiment de culpabilité dort en elle.

Si on appuie dessus, ça saigne.

La maîtresse se dit que parfois se laisser marcher sur les pieds

participe a éteindre la mèche.

 

 

Posté par Melodie7 à 02:13 - Commentaires [1] - Permalien [#]