16 mai 2012



La fille de la maîtresse a mis un terme à son record :

 8 jours sans pleurer dans son collège.

Cela doit bien faire 3 semaines avec les ponts.

Elle a pleuré ce mardi

mais la maîtresse

s'en réjouit!

La fille de la maîtresse

avait vu les copains

avec lesquels,

sixième toute fraîche,

elle jouait à chat .

Elle, la collégienne, 

jouait comme une écolière

Elle,  qui n'accepte pas d'être une fille,

jouait avec des garçons.

Elle a  pleuré, morsure de la nostalgie.

"Je me suis souvenue

quand je jouais avec eux en début d'année...

Je me suis dis que j'avais besoin des autres.

ça fait 8 ans que je me dis,

c'est pas grave si je suis toute seule..."

La fille de la maîtresse démarre à 12 ans

une nouvelle vie faite de liberté et d'autres.



 

 

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A 13h15 la maîtresse doit ouvrir

la lourde grille de l'école.

Elle rit avec Amir, C.P.

qui joue "au prisonnier de l'école".

Elle remarque qu'elle est mieux disposée

à son égardaujourd'hui.

                 C'est vrai qu'il y a des élèves

                 avec lesquels elle sent

                que ça n'accroche pas .

                 Elle se doute que cela vient d'elle

                 mais elle ne comprend pas.

                 Elle devra poursuivre cette réflexion.


Et puis, deux petites de C.P. viennent se plaindre

d'une troisième , Chloé .

Lorsque la maîtresse s'approche de la petite; 

elle lui tourne le dos

dans la position de la boudeuse...

Lorsqu'elle tente de lui parler,

Chloé entre dans une colère terrible.

Alors la maîtresse lui demande de ne pas s'éloigner,

histoire de laisser la tempête gronder,

tandis qu'elle se tourne vers sa grille.

Une collègue se penche sur la petite,

(elle a confiance en cette gentille collègue) et

une histoire de bandes de filles semble apparaître.

Lorsque la sonnerie retentit, les enfants s'envolent jusqu'à  leur rang et

remontant vers sa classe la maîtresse croise Chloé:

"ça va mieux?

Réponse négative sur un visage décomposé.

- Non tout va de travers! sanglote alors la fillette

 

La maîtresse sait qu'il n'y a pas que l'école dans la vie des élèves:

 

-Qu'est-ce qui ne va pas alors? Qu'est-ce qui se passe à la maison?

La petite s'arrête,

lève son beau regard bleuté vers la maîtresse et répond:

" Mon chien est mort hier..."

- Oui c'est terrible ça ! Tu es très triste alors!

- Oh oui! "

Elle prend la petite dans ses bras,

elle sent cette tristesse en elle,

elle fait un calin à ce chagrin d'enfant et ajoute:

"Et puis tu dois être en colère aussi!"

La maîtresse sait qu'on peut trouver de la révolte derrière le désarroi.

Elle le sait de part son expérience de maîtresse et son expérience d'être humain.

C'est devenu un postulat pour elle.

Elle a moins peur de sa colère,

elle a moins peur de parler aux autres de leur colère.

 

 

 

 

 

 

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