27 août 2012

Ornella

                                    

                  

                                        Lorsque la maîtresse n'était pas encore maîtresse,

                                   elle travaillait dans  une école primaire :

Elle prenait les élèves en soutien, surveillait parfois une classe,

recevait un groupe en informatique, gérait la B.C.D. 

Elle faisait ses premiers pas,

à nouveau, timidement ,

dans le monde de l'enfance.

Elle voulait défaire

les noeuds de l'échec scolaire,

elle voulait y mettre du sens,

elle qui , à l'école, avait été capable

du meilleur  comme du pire!

Lorsque la maîtresse n'était pas encore maîtresse

elle accueillait, tous les midis, les élèves en B.C.D.

Elle eut même, un midi, un grand moment de solitude,

après la lecture d'un album  facétieux  qui mit les lustucrus en émoi.

Une maîtresse lui avait révélé que le retour au calme n'était

qu'affaire de technique! Celle qui rêvait d'être maîtresse comprit

que le rire aurait donc droit de cité dans sa classe.

C'était le temps d'alors; lorsque la maîtresse

n'était pas encore maîtresse; il y a une décennie.

Un midi,  la maîtresse accueillit cinq ou six élèves 

qui souhaitaient dessiner. Tous assis autour de la grande table,

Ornella, 7 ans, faisait les quatre cents coups,

volait une gomme à sa voisine, un crayon au voisin,

jettait des regards assassins,

tirait la langue et distribuait des coups de pied sous la table.

La maîtresse qui n'était pas encore maîtresse

connaissait cette petite fille: bonne élève, sérieuse , attachante.

Elle se questionna et questionna la petite

sur le déroulement du repas à la cantine : R.A.S.

Elle la questionna ensuite sur sa matinée (R.A.S.),

puis sur le trajet de l'école (R.A.S.), le petit-déjeuner (R.A.S.).

C'est alors que la petite évoqua un cauchemar fait durant la nuit.

Mince alors!

 Que faire

des cauchemars encombrants!

Finalement la maîtresse

pas encore maîtresse

proposa à la petite de dessiner

ce fameux cauchemar.

Dix minutes après, Ornella lui apporta  le dessin

d'un monstre terrifiant  un couteau à la main.

Remince! Le temps de trois battements de cils

la maîtresse hasarda alors un:

"Tu pourrais le mettre dans une cage ce monstre :

un carré  et des traits pour les barreaux.

Tu peux aussi jetter la feuille,  le monstre avec, dans la poubelle."

La maîtresse observa du coin de l'oeil la fillette :

Celle-ci regagna sa place, dessina une prison pour son cauchemar

puis retourna à ses dessins sans incommoder ses voisins.

La maîtresse doit réfléchir à des actes symboliques.

 

Posté par Melodie7 à 08:11 - - Commentaires [1] - Permalien [#]