19 décembre 2012

Matin chagrin

 

Image du Blog poussieredange.centerblog.net

 Mardi matin, après quelques mots acerbes de son chéri,

après quelques soucis domestiques

elle s'enfuit. Traversant la nuit sur son grand vélo.

Pédalant à toute vitesse .

Les chiens du chagrin sur les talons.

Menacée d'être avalée par la vague à l'âme.

7h53, elle ouvrit la porte de sa classe qui se referma sur elle,

sans allumer les néons.

Les pupitres, le tableau, son bureau , silencieux, respectaient sa peine.

Et elle laissa le chagrin ruisseler sur ses joues, elle laissa la vague l'engloutir,

elle laissa les chiens la dévorer.

Elle pleura. Elle pleura longtemps .

Peut-être un vieux chagrin d'enfant réveillé.

peut-être un rêve qui avait du mal à tenir éveillé.

Elle pleura jusqu'à l'heure toute proche d'ouvrir

la classe aux rires, aux rêves de flocons, aux bousculades.

C'était l'heure de faire bonne figure alors qu'elle rêvait de se recroqueviller

pour  pleurer encore une heure ou deux .

Elle ouvrit la classe le visage pétrifié.

Incapable de saluer ses élèves, ni de leur sourire.

Elle les regarda, leur répondit,

tout en essayant de ranger sa détresse

dans une armoire sombre et noire.

La vie reprit son cours,

son tourment n'était pas sans fond,

elle revint peu à peu dans la réalité 

comme tout professionnel qui doit professer.

Et puis, peu à peu, le plaisir revint,

le bonheur fit friser sa bouche, ses yeux pétillèrent.

Elle avait ouvert la porte à ses élèves,

elle avait ouvert la porte à la magie

Posté par Melodie7 à 11:26 - - Commentaires [6] - Permalien [#]