Il y a 15 JOURS,

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La maîtresse a renoncé à une géographie ordinaire,

 

 

 

 

 

 

 

optant pour une organisation en groupe.


 

 L'an passé, elle a fait entrer les jeux dans sa classe.

Cette année, elle se sent prête à les institutionnaliser :

6 groupes de 4 à 5 élèves, 6 groupes qui tourneront sur deux jours :

3X 3 groupes le lundi et le mardi.

Déjà que Matéo grognait après son voisin Célien,

que va-t-il se passer maintenant avec 4 camarades autour de lui?

Matéo se plaignait fin septembre et

expliquait qu'il n'avait "jamais eu d'amis et

que personne ne voulait de lui."

La maîtresse l'avait toujours vu avec un seul et unique enfant, Nicolas;

tous deux oisifs lors des récréations avaient

pour seul moyen d'entrer en contact,celui de titiller les autres.

Matéo était même devenu  " le pire ennemi " du fils de la maîtresse.

Maintenant le voilà engoncé à sa place avec 4 camarades à se coltiner.

Deux jours de chamailleries, de doléances ont suivi. 

Et puis le troisième jour: 

 

Des rires, des grimaces, des jeux sous les tables.

La maîtresse observe,profite de ce vent qui tourne et

laisse le plaisir retisser les liens:

Un peu de complicité pour un enfant qui apprend à vivre au milieu de ses pairs...

Encore un jour ou deux avant de ramener ses élèves à plus de rigueur.

La maîtresse y croit!

Elle s'étonne toujours de la plasticité de son groupe classe,

elle découvre combien il est aisé de donner une place à tous les élèves.

Elle lutte, parfois, contre certains portraits au vitriol

dressés par ses collègues, pas consciemment malintentionnés.

Craindrait-elle d'être  influencée?

Elle garde une foi aveugle et

les erreurs qui émaillent la vie sociale des élèves

(les erreurs dont les enseignants sont la mémoire)

ressemblent, parfois, ... aux nôtres.

Notre sévérité à l'égard des autres ne serait-elle pas

le regard au vitriol sur nous-même,

sur les erreurs qu'on ne saurait voir en toute conscience?