Harry est un enfant dyslexique.

La maîtresse connaît les ficelles.

Elle ne sait pas grand chose de la dyslexie.

Juste ce dont elle a besoin :

tous les enfants sont capables d'avancer.

Harry vit chez sa maman. Une mère qui fut reçue,

en début d'année, 2 fois 1 h30 dans la classe.

Une maman qui fait des commentaires désobligeants

à l'enseignante. Une maman qui refuse

que la maîtresse lui donne des exercices à trous .

une partie du texte est imprimé

histoire de soulager cet élève du poids de l'écrit,

épine dans le pied de l'enfant dys,

l'élève concentre son énergie sur la notion à acquérir.

Harry écrit peu, trop peu pour évaluer son cheminement d'exercice en exercice.

La mère , refuse les exercices à compléter car

elle pense qu" il est capable d'écrire autant que les autres".

Quitte à le laisser terminer, "parfois, pendant la récréation.

Comme le faisait  la maîtresse de l'an passé."

Mais la maîtresse de cette année connaît les ficelles de son métiers.

Elle  a expliqué à la maman que sa politique à elle était

pour la responsabilisation des grands de l'école :

" Que fais-tu, a-t-elle demandé à Harry, pour toi,

que fais-tu pour apprendre ce qu'il y a à savoir?

car n'oublions pas que au-delà de la dyslexie,

les élèves, parfois, se freinent par peur de se tromper.

En février, lors de l'écriture du PAI,

l'orthophoniste annonce la nécessité d´alléger la part de l'écrit pour cet enfant.

loin s'en faut pour rappeler à la mère, devant les professionnels réunis,

que ce fut le dispositif qu'elle avait refusé dans la classe en début d'année! 

 

Durant les deux premiers mois Harry a été un enfant inhibé, peu sûr de lui.

le théâtre lui a permis de trouver, petit à petit,  une place aux yeux de ses camarades.

il a longtemps paru anxieux du regard des autres n'osant pas toujours

lâcher cette force intérieure nécessaire à la scène. 

En classe , Harry ne profite pas des espaces de libertés

que la maîtresse donne à ses éleves ( lire à la classe un texte écrit

dans le cahier d´écrivain, faire un diaporama sur un thème libre) .

Non! Dès novembre, Harry ne demande pas la parole...il la prend!

Prendre souvent la parole sans lever le doigt, se déplacer dans la classe

pour rejoindre son pote etc.

Au fil de l'année, il gagne en assurance, frisant parfois la provocation

avec l'enseignante, souvent patiente. Mais pas toujours!!!!

Et puis, soudain la maîtresse se rend compte que l'enfant écrit beaucoup plus.

Aux évaluations du 2ème trimestre les compétences sont toutes acquises,

les travaux étonnamment réussis.

En mars, lors de la représentation de théâtre, Harry, désemparé,

croise la maîtresse dans les coulisses :

" les parents rigolent! Comment y peuvent se moquer de nous comme ça!"

Oui, malgré toute l'assurance conquise, on sent que ça coince 

à l'endroit de l'estime de soi.