27 janvier 2016

Kevin et Laurine

Laurine est une jolie fillette ,

charmante blonde vénitienne aux yeux verts;

une mignonnette qui minaude en s'adressant à la maîtresse,

une demoiselle qui montre toute la force qui l'habite sur la scène du théâtre.

La douce Laurine parle ainsi à Kévin:

" oui je veux bien te prêter le feutre mais tu en prends soin et tu me le rends dès que tu as terminé!

Tu as compris? ajoute-t-elle en roulant des yeux noirs. 

-Oui oui, j'ai compris !" répond calmement Kévin l'affreux bagarreur aux poings frappeurs!

Laurine, la charmante a l'aurorité d'un dragon avec un Kevin qui lui mange dans la main....

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20 décembre 2015

KEVIN

Je n'ai jamais beaucoup apprécié cet enfant qui a toujours fait beaucoup d'histoires,

un enfant qui m'a toujours semblé sournois. Et puis le voilà dans ma classe

et très vite il a posé problème: Kevin ne travaille pas,

apprend aucune leçon et frappe à tour de bras.

Et ce n'est jamais lui, selon Kevin,

c'est toujours de la faute des autres.Jeune garçon en surpoids

Mais une fois les règles rappelées,

la sanction posée ,

après quelques visites

dans le bureau du directeur,

je prends toujours le temps

de comprendre ce qui s'est passé

en questionnant les protagonistes.

A chaque fois Kevin rétorque :

"il m'a traité de gros...elle a dit

que j'étais gros,

il s'est moqué de mon poids ".

Les enfants en question ne sont pas des enfants belliqueux et ce serait étrangement toujours les mêmes reproches.Depuis quelques semaines, je lance Kevin sur une autre piste: "peut-être que c'est toi qui te dis - je suis gros-  et peut-être que tu imagines que c'est la voix des autres"   Kevin a un léger surpoids mais rien d'alarmant,rien de si manifeste, rien de si visible.                                                                                                        Et puis cette semaine, il a frappé Laura . Laura ne se laisse pas faire, c'est une coquine qui a de la répartie. Mais en ce moment Laura ne va pas bien et , ce jour là, elle a beaucoup pleuré. Alors à l'heure de la sortie, je les retiens à la grille pour savoir le fin mot de l'histoire. Laura assure qu'elle n'a rien dit au sujet de son poids . Alors je me tourne vers Kevin pour lui dire sans aucune animosité quelque chose qui ressemblait à ça:                                                                                                                                                "Moi je pense que Laura ne ment pas, je pense que peut-être tu crois que tout le monde te regarde, que tout le monde parle de ton poids et se moque, tu crois cela parce que c'est toi qui pense que tu es trop gros".  Soudain  un peu de vérité brille dans ses yeus et de grosses larmes muettes roulentsur ses joues. Je suis émue pas ce rude bonhomme qui n'a jusqu'ici jamais montré de sensibilité. C'est alors que papa arrive, alarmé de voir son fils pleurer. Je lui explique ce dont il retourne et  explique que les coups c'est sa difficulté  respecter les règles de la classe mais c'est aussi une qestion d'estime de soi à construire.                                                                                                    Le petit frère à côté demande " c'est quoi l'estime de soi? "

Je crois que c'est aussi une question à reprendre en classe !

 

 

 

 

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27 novembre 2015

DEMAIN

 

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 ici

« La Non-violence à l’école »  à Paris

 

 

 

 

 

 

 

 

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16 novembre 2015

une journée particulière

En cette journée de deuil , les enseignants ont reçu pléthore d'infos.

On va dire que nous avions déjà tous suivi un petit entraînement en janvier dernier.Afficher l'image d'origine

On ne peut pas s'habituer à l'horreur.

On ne peut faire l'économie d'évoquer

la liberté de religion,

- celle aussi de "n'en avoir aucune",

         précise Amin -

le respect de celle des autres.

On se doit de questionner

la tolérance

et l'intolérance:

aujourd'hui et demain.

Au quotidien.

Je me dis qu'on requestionne

ce qui a poussé les nazis à l'inhumanité.

Je suis persuadée que travailler l'empathie c'est cultiver la bien-veillance:

 travailler sur les émotions avec toute sa palette colorée,

évitera, peut-être, les racourcis de la peine à la haine.

Une petite douceur:

Sandra a lu sur internet que les enfants devaient aller à l'école

vêtus de noir.

Après le petit rappel de la maîtresse sur le crédit accordé à ce qui était lu sur le net,

Amin s'exclame que lui il n'aime pas qu'on l'oblique à faire des choses car

il " n'aime pas la dictature".

La maîtresse sourit car Amin est un charmant rêveur 

qui papillonne dans la classe, un étrange élément iconoclaste et cultivé.

Mais  Amin tourne toujours longtemps autour de son travail

avant de fournir l'effort exigé.

Alors la maîtresse saute sur l'occasion:

" C'est pareil pour le travail, c'est pour cela que tu prends ton temps pour te mettre au travail?

Tu n'aimes pas que la maîtresse exige que tu travailles ?"

Amin cache son sourire derrière son bras.

Il peut compter sur la maîtresse pour revenir à la charge,

pour requestionner  son rapport au travail.

Car le rôle de l'enseignant est de faire fleurir des questions

dans le coeur et dans l'esprit,

celles qui poussent à cheminer .....

 

 

 

 

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14 novembre 2015

Prendre soin de l'humain

Prendre soin de l'humain 

Nous savions que la vie était fragile,

et que la démocratie était menacée

 par les forces archaïques qui habitent encore le monde.

Nous savions que, face à la vacuité de nos modèles économiques

fondés sur la consommation compulsive,

notre occident peinait à offrir un autre idéal que l'assujettissement aux intégrismes.

Nous savions que tout ce qui nous tient à cœur est mortel et

que l'obscurité absolue peut, un jour, faire oublier l'espoir de toute lumière...

Que cette nuit terrible où nous avons éprouvé la terreur de la pénombre,

nous rappelle notre fragilité et notre finitude.

Qu'elle renforce ainsi notre détermination à prendre soin de toute vie,

de toute pensée libre, de toute ébauche de solidarité, de toute joie possible.

Prendre soin de la vie et de l'humain,

avec une infinie tendresse et une obstination sans faille,

est, aujourd'hui, la condition de toute espérance.

 Sachons qu'un seul sourire échangé, un seul geste d'apaisement,

aussi minime soit-il, peut encore, contre tous les fatalismes,

contribuer à nous sauver de la barbarie...

Philippe Meirieu

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