06 mai 2013

Hector

Hector  est un enfant précoce qui est passé du C.E.1 au C.M.1.

Hector a un voisin depuis peu.

Son souci n'est plus de trouver un interlocuteur.

Hector bavarde beaucoup, soliloque parfois,

n'écrit plus très bien, bâcle aussi son travail.

Hector récolte les petites remarques de la maîtresse

qui essaie de lui faire prendre conscience du changement.

 

A l'appel du matin

(propice aux initiatives individuelles, certains s'essayant aux voix  etc) :

- Hector!

- Yes!

Dans l'après-midi, Hector, qui n'écoutait pas, n'a pas compris la consigne .

- Hector tu fais un peu ce que tu veux en ce moment.

- Yes!

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02 mai 2013

Naissance du racisme

Naissance du racisme:

La croizan de la maîtresse au petit matin  : 

" moi z'aime pas Elian,

y porte pas de zupe, c'est pas une fille.

Z ´aime pas Elian pacequ'y est pas comme moi."

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27 avril 2013

Janelle

 Soucis avec Aurélie la très proche voisine : Janelle ne peut pas écrire un conte seule;

il lui faut quelqu'un à ses côtés ... comme une toute petite fille et sa maman.

C'est comme la multiplications de nombres décimaux :

Janelle est restée dans un état de stupeur devant sa feuille,

pétrifiée devant les questions élucidantes de la maîtresse.

Se lancer dans un exercice qu'on ne maîtrise pas,

s'aventurer dans la construction d'un récit.

Seul face à soi-même, seul face à ses savoirs en construction.

Un individu en train de naître. 

Autonomie du coeur et de l'esprit.

 

 

 

 

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25 avril 2013

Les mecs


 

La maîtresse, le temps d'une réflexion de mercredi , était remontée contre ses garçons:

Les filles sont  travailleuses : Janelle parle de ses difficultés en compréhension de texte,

Cyrielle explique ses soucis dans le travail par ses nombreux déménagements puis

la miss s'étonne de son excellente évaluation en conjugaison.

Laure évoque intempestivement ses craintes en math.

Et les garçons ?

On trouve parmis eux  les élèves qui cherchent des potes pendant les exercices de français,

font parfois rouler des billes dans la classe pendant les maths, ricanent, papotent.

La maîtresse en a collé quelques-uns entre une fille et la vitre, entre une fille et le radiateur.

Et chez les collègues? C'est la même chanson!

Et les garçons cherchent-ils des réponses à leurs difficultés scolaires?

La maîtresse souhaitait leur mettre la puce à l'oreille,

fomenter une révolte contre les statistiques .

Elle partage avec eux son questionnement.

Elouan intervient : "Maîtresse, je t'avais dit que mes parents avaient divorcé!

-  Oui mais y as-tu réfléchis? Est-ce que tu t'es demandé en quoi cela t'empêchait de travailler?

Je t'avais expliqué qu'on pouvait toujours inventer des choses impossibles,

démarrer un texte et écrire une histoire avec des parents qui se rabibochent ,

tout cela pour rêver et progresser en français. Tu te souviens de notre conversation? L'as-tu fait?

Quelles questions t'es-tu posées?

 

 Un midi,  sur sa radio fétiche

 où officie celle qu'elle écoute en podcast

                           La maîtresse y entend que les garçons comblent le décalage de maturité avec les filles

vers  21 ans.

Horrifiée, elle arrive en classe pour partager cette terrible nouvelle!

Jonathan n'en prend pas ombrage:

" Bein comme ça, ça nous laisse jusqu'à 21 ans pour jouer!"

 

 

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24 avril 2013

Elsa la petite souris

Elsa va mieux.

c'est le bilan de son bulletin.

Elsa et son papa sont dans la classe.

   Les apprentissages sont au goût du jour mais le gros souci reste

cette timidité. Même avec  sa maîtresse.

Malgré  quelques exhubérances pour montrer sa joie ,

Elsa est une girafe au coeur de souris.

La maîtresse s'inquiète toujours pour ces élèves empêtrés

dans la gêne et le malaise. Elle se dit que ceux-là n'ont pas les armes

pour riposter aux morsures de la vie.

Elsa ressemble tant à la maîtresse enfant!

Si elle pouvait, au moins, semer quelques graines pour l'avenir.

La maîtresse évoque cette timidité avec le papa lors de la remise du bulletin.

Le papa admet : Oui c'est un gros souci . Il y pense avec angoisse.

Non, Elsa refuse d'aller voir un psy . Comme sa grande sœur l'a fait!

Elsa ne veut pas lire ses poèmes en classe ni ses histoires.

ni même les montrer à la maîtresse .

La maîtresse explique qu'elle a toujours respecté la distance d'Elsa.

Mais cela va changer un peu.

 Et puis aujourd'hui un mystère de la vie de classe:

Pour enrichir la production d'écrit, la maîtresse a exigé

l'ajout d'adjectifs aux groupes nominaux.

Quelques exemples à l'oral:

Tim propose "un poisson" qui devient "un poisson diabolique",

"un gentil poisson", "un poisson rouge", puis apparaît le nom commun " chat"

Elsa lève le doigt, évènement quasi exceptionnel 

qui n'échappe pas à la maîtresse, et offre :          

 " un chat timide"

Et même si le propos n'a rien d'inattenu,

la maîtresse en reste comme deux ronds de flan!

A 16h30, elle apostrophe Elsa:

"Dis donc ce chat timide,  quelle chouette idée d'histoire!

Mais ce chat c'est pas un peu toi?

 Tu pourrais l'écrire cette histoire!

Et je pourrais la lire?

Et puis, tu vois, si un jour tu acceptais de voir un ou une psychologue,

et bien tu pourrais lui montrer cette histoire

qui parle d'un petit chat timide mais qui parle aussi de toi...."

La petite acquiesce avec un grand sourire.

Elles en reparleront.

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20 avril 2013

Aurélie et Janelle

La maîtresse a effectué quelques changements de places ces dernières semaines:

Janelle  a quitté Noémie pour s'installer à côté d'Aurélie sur une rangée de trois tables .

Les filles sont, ensuite, venues demander à être toutes les deux et non trois.

La maîtresse connaît la propension de Janelle à fusionner.

La maîtresse l'a séparée de Noémie son amie depuis plusieurs années.

Des années avec beaucoup d'histoires au coeur d'une amitié complexe

une relation fusionnelle, souvent douloureuse avec une qui donnait des "coups"

et l'autre qui serrait les dents. Le coeur plein de doute :

"il y a des problèmes. Comme si c'était à cause de moi." Et Janelle qui venait parfois demander

à la maîtresse des explications sur le comportement de sa copine : " On dirait qu'elle ne m'aime pas."

Janelle essaie d'aller vers les autres mais "Noémie est toujours dans sa tête".

La maîtresse refuse d'isoler les deux nouvelles amies .

Aurélie et Janelle supplient la maîtresse, boudent puis se résignent.

Puis au gré des changements, les deux copines se retrouvent finalement toutes les deux.

Ce jeudi matin, Aurélie demandent l'autorisation de lire un poème écrit à deux :

L'histoire d'une fleur et de sa soeur, l'histoire d'un bonheur. Une séparation dûe à un joli coeur

et le chagrin de celle qui se retrouve seule.

Et puis la maîtresse leur demande si ça parle vraiment de fleurs,

"est-ceque ça ne parlerait pas de deux filles qui s'aiment beaucoup

et qui veulent rester toujours toutes les deux .

Tiens ça ne vous ressemblerait pas un peu?"

Les filles ne semblent pas comprendre.

10 mn plus tard, Aurélie propse une deuxième histoire : une histoires de deux amies,

l'une s'en va, l'autre est triste. Et puis la première revient et elles sont heureuses.

"On reste toujours sur le même thème" a remarqué la maîtresse qui agace les filles.

Elle se gardera ses vérités. Cette fois elle n'a pas trouvé preneur.

Peut-être juste un poème sur l'amitié. Un cadeau.

 

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17 avril 2013

deux amis

IMG_7781Découverts par des yeux curieux :

deux amis, deux frères

blottis l'un contre l'autre

au fond d'une trousse.

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15 avril 2013

fragilité

A nouveaula douleur et le chagrin que ne peuvent effacer les rires des enfants,

les larmes mêlées aux pluies matinales.

 

Un lundi matin avec une Maryssa très vite insolente,

qui hurle " mais de tout façon tu me manques toujours de respect "

puis pleure à grands bruits.

La maîtresse ne peut pas affronter toutes les tempêtes,

celle de la maison, celle de classe;

elle refuse les accusations de l'enfant , celle de l'adulte.

Voilà , elle sait bien que les vilenies cachent du chagrin.

Parfois on ne peut pas aller contre la souffrance d'autrui. En tout cas aujourd'hui.

Elle n'est pas si solide. Fragile aujourd'hui.

Pourtant, il ne faut pas flancher...

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14 avril 2013

les larmes de Jonathan

Jonathan a semblé bouleversé lorsque la maîtresse l'a changé de place.

Oui Jonathan est un bavard et cela insupporte la maîtresse au quotidien.

Jonathan a pris un air chiffoné, la maîtresse le sent au bord des larmes.

Son imagination lui joue-t-elle des tours ?

Elle le questionne en allant à la cantine puis au retour de classe.

Non pas de soucis en classe. Pas de soucis à la maison.

La maîtresse n'insistera plus. Il est des mystères insondables

qui dispaissent le jour suivant.

Et puis à la récréation de l'après-midi, Jonathan,

s'approche du bureau et fini par lâcher :

"c'est une histoire de fille!"

Jonathan se met à pleurer :

"J'ai peur qu'elle ne veuille pas de moi.

Comme l'an passé avec celle que j'aimais".

La maîtresse sent la gravité du propos.

L'amour est affaire des plus sérieuses.

Elle se souvient de ses chagrins.

Elle craint  ceux, tout proches, de ses enfants.

" L'amour c'est un risque. Si tu ne veux pas souffrir, Jonathan , tu te fais prêtre!"

Le sourire de Jonathan refleurit!

" Bein oui , aimer c'est prendre un risque.

La peur c'est aussi quelque chose qui protège:

quand tu croises un affreux molosse, tu as peur et tu cours.

Après, la peur de l'amour ça dure toute la vie.

Mais bon si tu pleures avant de savoir si elle t'aime!!!

Et puis voilà, le jour où tu as un chagrin d'amour,

là tu as de vraies larmes mais après tu retournes aux choses de la vie.

et puis un jour tu aimes à nouveau..."

Non , la maîtresse n'a pas demandé le nom de la dulcinée

comme l'avaient suggéré ses deux collègues.

C'est sa vie secrète.

Et puis elle voit leurs galops dans la cour,

les silences rieurs dans la classe, les fous-rires des filles.

Dès février c'est le printemps dans le coeur des grands de l'école.

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12 avril 2013

le secret de Marysa

Marysa pleurait encore ce matin! Elle pleure presque tous les jours  et les pleurs durent.

Après avoir usé de toutes ses armes, la maîtresse lui parle fermement, avec dureté :

"je te parle comme ça , je peux paraître dure mais je pense que c'est nécessaire, ton travail en pâtit ,

je ne retrouve plus l'excellente élève du 1er trimestre.

Je ne peux pas passer la journée à dire te dire -  pauvre Marysa. Tu es d'accord ?"

Marysa vit dans un milieu défavorisé. Un défi dans cette ville de la bougeoisie provinciale digne de Chabrol.

La maîtresse sait que l'école est une chance pour elle. Tout spécialement pour elle.

La maîtresse sait aussi que toutes les discussions, les feuilles noircies n'ont abouti à rien.

La maîtresse n'entend pas ce qui se dit avec insistance derrière son discours de victime.

Ecrire son chagrin ne l'a pas aidée.

La maîtresse se sent impuissante. Voilà déjà de quoi l'exaspérer!

La maîtresse a haussé le ton et elle a pris la place des élèves dans les textes de Marysa :

Avant elle écrivait " Je suis triste parce que Jeanne m'a jetée pour le travail à plusieurs."

maintenant c'est " Je suis triste parce que la maîtresse me crie sur moi etc."

Vers 9h30 la maîtresse retrouve Marysa sous la table. De grosses larmes sur les joues.

Subitement,  une idée s'impose :

"Bon tiens , je te donne une feuille et tu dessines mais écoute bien:  tu dessines un animal".

Et puis elle retourne à sa conjugaison.

15 minute plus tard elle s'approche de Marysa . Sur la feuille un lapin et un chat . Un lapin et un chat tristes.

"Qu'est ce que tu as dessiné?

- un lapin et un chat.

- Ils ont l'air tristes!

- Ils sont tristes?

Marysa acquiesce.

-Mais pourquoi ils sont tristes?

- Parce que le frère du lapin les tape.

-  Le frère du lapin tape le chat et le lapin?

Son frère à lui ? poursuit la maîtresse en désignant le lapin.

Bon tu vas écrire tout ça sur cette deuxième feuille."

Puis après la correction des exercices de conjugaison, la maîtresse retourne vers Marysa :

- Marysa, en vrai tu te doutes bien qu'on ne parle pas d'un lapin ni d'un chat !

- Oui je sais!

- On parle de qui en vrai

- De moi.

-Oui c'est ça! Tu es en train de dire que ton frère te tape?

- Oui

- Comment te tapes-il?

- Il me donne des coups de poings et des coups de pieds.

- Mais c'est grave ça . Il n'a pas le droit.

Moi je le connais ton frère, je sais qu'il est capable de ça , je sais qu'il peut être violent.

Tu sais comment ça peut finir cette histoire?

- Oui je sais! papa lui a dit que s'il me tapait trop fort, il pourrait me tuer.

- C'est vrai , je ne serais jamais aller jusqu'à te dire cela mais oui c'est vrai. Mais tu pourrais te retrouver à l'hôpital!

Marysa accepte mal la décision de la maîtresse de prendre rdv avec ses parents.

Rencontrera-t-elle le papa peu familier avec le monde de l'école?

Aucune chance de voir la maman qui ne quitte plus l'appartement depuis quelques années.

Elle a lancé quelques SOS et elle attend de voir dans quel sens tourne le vent.

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