28 avril 2014

Hypolyte

merello

  a retrouvé le sourire: 

un changement de place

(à côté du copain préféré).

Le temps fait son affaire;

les petits conciliabules avec la maîtresse,

les discussions avec papa ,

maman et les grands frères

ont oeuvré pour ramener à la surface

cet enfant qui rendait les armes.

Un petit mot dans le cahier du matin ,

dans une écriture épouvantable,

quelques lignes qui nous rappellent que,

toujours, le printemps reverdit.

Et puis dernières révélations de l'enfant devant les exclamations de la maîtresse

qui accroche aux vues de tous LA MAGNIFIQUE ÉCRITURE d'Hypolyte:

"Maintenant j'aime écrire" explique-t-il.

Un joli sourire accroché au visage d'un enfant blessé par le carcan scolaire.

Un de ceux qui n'ont jamais réussi à se couler dans le moule, exigence d'une école

qui a confondu égalité et uniformité.

La maîtresse n'arrache pas les pages des cahiers, elle ne prive pas de récréation

les pattes de mouche ni les pâtés, elle ne crie jamais, ne s'exaspère aucunement.

Si elle se l'autorise de rares fois c'est dans un souci de théâtralisation,

histoire de faire glisser jusqu'aux oreilles de l'interessé une vérité désagréable.

Si un cri sort de sa bouche à son corps défendant,

la maîtresse sait qu'elle doit alors appuyer sur pause,se questionner:

la fatigue, le stress, un souci?

On peut lui reprocher son manque de rigueur

(elle a deux requins pour collègues)

qu'elle essaye de contrer en exigeant un exercice à refaire,

en complimentant tous les prémisses de changements chez les élèves.

 

Mais la maîtresse a moins de doutes : elle sait aujourd'hui que

la bienveillance est un doux engrais pour ces jeunes esprits.

C'est ce qu'elle lit dans le sourire triomphant d'Hypolyte.

 

 

 

 

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27 avril 2014

Une idée

de cadeau

 http://p6.storage.canalblog.com/66/06/775031/92554169_o.jpg http://p4.storage.canalblog.com/43/68/775031/92554101_o.jpg http://p7.storage.canalblog.com/74/91/775031/92554230_o.jpg

pour la fête des mères  :

http://p0.storage.canalblog.com/07/49/775031/92554064_o.jpg   http://p1.storage.canalblog.com/10/05/775031/92554088_o.jpg

des petits carnets brodés (ici)

 

 

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17 avril 2014

Victor

Victor http://reveurlunaireatypique.unblog.fr/files/2014/02/ecriture.jpg voit l'orthophoniste toutes les semaines.

L'écrit scolaire est laborieux, pénible.

Les bavardages ont parasités les apprentissages

du 1er trimestre. Seul à sa table,

c'est à contre cœur que la maîtresse les isole,

il s'est enfin attelé à ses exercices.

Laborieusement. Douloureusement.

Victor a écrit sur le blog de la classe.  

Il a surtout recopié des textes et des poèmes trouvés sur le net au départ.

Après les vacances de Noël, Victor s'était lancé dans le récit d´un texte long.

La maîtresse l'observe tous les matins, durant les 15 mn d'écriture libre, noircissant son cahier.

Et puis voilà qu'un jour , la 1ère partie est lue à la classe:

Une histoire d'astéroide lancé vers la ter avec une équipe de scientifiquesre

cherchant à sauver la terre. L'histoire est fluide et cohérente, un récit haletant.

Seuls moments de décrochage lorsque surgissent les passés simples et,

bien qu'étudiés en classe, les verbes du 1er groupe sont erronés.

Des erreurs qui apparaissent comme une évidence lors de la lecture orale à la classe.

La maîtresse fait le lien entre le texte et les exercices de conjugaison.

Un rendez vous est pris avec l'enfant pour corriger son texte.

Avant les vacances de février, la maîtresse a rencontré la maman pour évoquer les bilans 

de l'hôpital parisien : légère dysgraphie, légère dyslexie.

l'accent est mis sur la lourdeur de l'écrit mais le bilan reste évasif , incertain.

Alors la maîtresse se lève et sort du casier le cahier du matin de l'enfant.

ÉTONNEMENT!

L'écriture est fluide, presque jolie, rien à voir avec celle consacrée aux exercices scolaires.

l'orthographe est correcte,  beaucoup de mots correctement orthographiés,

les accords dans les groupes nominaux et les accords sujet majoritairement corrects,

les conjugaisons justes.

http://reveurlunaireatypique.unblog.fr/files/2014/02/ecriture.jpg

 

De quoi faire taire

tous les doutes

des professionnels.

 

 

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08 avril 2014

Matéo

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Matéo,

c'est le petit miracle

de la maîtresse :

un élève aujourd'hui

apprécié, inséré

qui tord le cou

à ses difficultés scolaires,

gagnant en assurance.

Quelques heurts, 

pourtant,en janvier.

Certains élèves

lui avaient reprochéde s'énerver facilement :

 un coup de pied, par exemple, dans la table de ping-pong

quand une miss lui dit " t'es mort" (= tu as perdu)

Matéo se fâche :

" Non c'est pas vrai! Je m'énerve pas, sauf quand on m'énerve."

La maîtresse persiste et quelques élèves

évoquent des épisodes d'irritation dans la classe

qui mettent à mal le groupe au travail.

Mathéo pleure

- Tu pleures parce qu'on te fait des reproches ou

parce qu'on fait apparaître une image de toi que tu n' aimes pas?

- pour l'image...

Parfois la bienveillance naturelle

qu'on trouve dans le coeur de tous les enfants

suffit ....

 En février, encore, Matéo a dit à Emmanuelle que sa pièce de théâtre était nulle,

à Juliette que sa robe n'était pas belle.

La maîtresse profite du remue ménage du retour en classe

pour observer Matéo  et constater la dureté de son regard.

Elle lance à Matéo : toi, aujourd'hui, ça ne va pas

elle voit ses yeux d'acier s'embuer, sa lèvre trembler

et le chagrin faire irruption : c'est le naufrage de la colère.

- Non ça ne va pas!

- Tu veux en parler?

- Non, maîtresse, je ne peux pas en parler.

L'adulte reste à l'écoute , l'échange a suffi  à désarmer l'offensive

et ramener un peu de paix dans le coeur d'un enfant!

J'ai tant appris des colères qui cachent les désastres,

je connais presque tout de mes guerres intérieures

qui se sont révélées être des missions humanitaires.

Aujourd'hui, il n'y a plus de guerres dans les environs de Matéo....

 

Petite

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01 avril 2014

1er avril

Train-train quotidien...

poisson

poisson0

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21 février 2014

le petit cahier de Medhi

Medhi est arrivé sur l'école en septembre.

Un élève en grande difficulté scolaire.

Une maîtresse qui se sent démunie.

Medhi a beaucoup écrit dans le cahier du matin, avec bonheur et sans complexes,

avec beaucoup d'erreurs d'orthographe et quelques erreurs de son. Moyenne

Ses 1ers textes étaient des récits de combats violents,

habités par des monstres terrifiants, des textes syntaxiquement incorrects

(J'avais besoin de son éclairage pour les comprendre) .

Le voisin avait avoué, un jour: "  les textes de Medhi  me font un peur".

Je cache au fond de moi un sourire qui sait

que les textes libres font parfois peur aux enseignants...

Et puis la maman,

vue une fois et puis deux

Une maman qui sait que

son fils a une mémoire

d'éléphant, qui trouve

son fils très intelligent.

ça redonne le moral

cet enthousiasme

de mère.

Et puis, plus les semaines

passent et plus la maîtresse est d'accord avec cette maman. Une maman qui pleure

dans la classe parce que c'est dur d'être seule avec deux garçons.

Elle a raconté ce père qui n´a pas reconnu son fils.

La grand-mère qui préfère les garçons aux filles et

qui fait de ses petits enfants "des rois pourris gâtés",

ce qui rend sa tâche bien difficile à la maison.

Medhi qui ferait toujours les mauvais choix pour lui-même selon cette maman.

Medhi qui a refusé d'adopter le beau-père attentionné.

Finalement il n'y a plus de beau-père.

Qui sait ce qui pousse certain à renvoyer aux calendes les mains tendues,

les occasions de panser ses blessures.

Une maman qui demanderait bien l'aide de l'Etat. Comme un tiers paternel ?

Une maîtresse imagine bien que la scolarité poussive parle

des souffrances intérieures, que quelque chose empêche

Médhi d'exploiter tout son potentiel.

La maîtresse sait depuis le 2ème jour de classe qu´il sera

un des  grands chantiers de l'année, entre limites à poser,

apprentissages à retisser, un enfant à réconciler avec les savoirs.

Et plus les mois passent et plus les textes se sont étoffés:

il ne s'agissait plus de combats,

ça parlait de rencontre entre deux garçons et d'amitié,

ça parlait d'un enfant fana de jeux vidéos et qui décide de sortir

pour trouver des amis, ça parlait de son petit frère un peu magicien.

Les textes du matin sont devenus tendres,

 communicables à une société d'enfants.

L'écriture est devenue lisible, les erreurs sont moins prégnantes.

Cette paix intérieure serait-elle propice aux apprentisages?

 

 

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26 janvier 2014

Eléanor pleure

Les classes des grands de l'école s'affrontent lors d'une rencontre sur le terrain de rugby.

 Eléanor s'est blessée en sport , Elle se plaint de maux de tête, elle veut s'allonger.

La maîtresse qui a vu l'incident- un heurt sans violence- doute de la douleur .

Les équipes tournent, les nombreux adultes sur le terrain n'exigent pas

la présence de la maîtresse. Alors elle en profite pour questionner Eléanor.

Eléanor qui avoue sa fatigue, Eléanor qui s'écoute trop,

et puis qui s'effondre en larme,

lâchant entre deux sanglots :

- J'ai pas envie de grandir,

je veux pas avoir 20 ans

et vivre loin de mes parents,

j'veux rester une petite fille

dans les bras de sa maman.

Le matin même Eléanor avait écrit

l'histoire d'une jeune fille ainsi déchirée .

- ça ressemble un peu au personnage de ton histoire, non?

Elle acquiesce faisant de grands OUI.

- Mais tu sais quand tu auras 20 ans

tu auras parfois besoin de ta maman. 

 Si tu as un chagrin , tu viendras te blottir dans ses bras.

Tout au long du 1er trimestre, la douce Éléanor  a multiplié les larmes. 

Les plaintes autour du corps ont inquiété les parents. Elle a aussi écrit

de très beaux poèmes mettant en avant sa grande sensibilité .

Mais le travail a souffert du manque de rigueur , du défaut de concentration .

Ses grandes compétences scolaires ne sont pas exploitées en classe.

La maîtresse lui a rappelé que se jeter dans le travail permettait d'oublier ses tourments intérieurs...

EN VAIN.

 

 

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15 janvier 2014

Nouvelle année

matériel élèves vecteur fournitures

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une rentrée en douceur.

Des regards hagards. Une tendresse retrouvée.

Des objectifs d'apprentissages pour les prochaines semaines.

 

 

La mise en place d'un E.N.T. peu avant les vacances ,

contenant un cahier de texte, un cahiers de correspondance et d'un blog.

Ce dernier a été investi (et encouragé) à la manière des fenêtres de la classe.

avec l'étonnement de voir deux  timides oser prendre la parole derrière l'écran,

des vocations de poète ou de narrateur se confirmer. Ou même s'infirmer.

Le temps d'investir ce nouveau lieu de liberté.

Supervisé par la maîtresse qui n'accepte aucun commentaire déplacé.

Le temps d'établir une chartre de navigation.

 

étudiants, l'étude

Du théâtre avec les C.P , CE1. avec les A.P.C.

Un niveau qu'elle connaît peu.

Découvrir leur spontanéité, 

leur univers, leurs rires,.

Les voir occuper l'espace avec bonheur.

Remarquer une petite qui se cache,

une que la maîtresse accompagnera

une heure par semaine pendant 6 semaines.

Approfondir et systématiser les fractions décimales

(avant de démarrer, dans ques jours,nombres decimaux)

avec des jeux  ici ou là

qui mettent du défi en laissant des bulles de créativité

(se fabriquer un pion, tracer et décorer la piste)

quelques blocages qui viennent signifier

combien ces jeux complètent efficacement les exercices sur feuille.

Et puis la maîtresse s'installe et joue avec les élèves.

Au grand étonnement des enfants....

ESQUISSE DU FUTUR

 

 

 

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30 décembre 2013

les tigresses

Des larmes à 8h30,puis à 10h20.

De vieilles rancoeurs invoquées.

Grosse bagarre dans les toilettes.

Défouloir , crachats, insultes:

les filles ont tiré des cheveux, frappé,

fripé des vêtements. Deux bandes

qui se sont affrontées .

Deux bandes qui génèrent

des querelles de parents.

Deux hordes qui se défient,se jalousent

depuis le début de la primaire, deux clans qui se répartissent

équitablement entre la classe de la maîtresse et celle de sa collègue.

Elle a fait connaissance avec les deux gangs dès les 1ers jours de septembre.

Elle a écouté, apaisé parfois, fait des rappels à la loi.

Elle a toujours tenté de rester objective dans cet imbroglio, luttant contre la facilté

qui serait de  prendre parti pour ses élèves.Sa voisine, elle, refuse d'écouter

les chamailleries, écarte les querelles d'un revers de la main invoquant les défauts

de ses élèves à elle, la maîtresse. Et les siens seraient-ils irréprochables?

Grosse bagarre dans les toilettes à 10h20.

Après les insultes et les coups, il va falloir revenir jusqu'aux origines de la haine.

Si les filles se laissent guider...

La maîtresse réunit les 3 filles qui semblent être les protagonistes:

2 de la classe voisine et une miss de la sienne.

L'une démarre le récit et la maîtresse les questionne:

Finalement, en démêlant la pelote, le fil de l'histoire se déroule

sous les yeux amusés de la maîtresse:

Donc au tout début, à 8h20, à l'ouverture de la grille,

Judith a enlacé Héléna .

Aline, la meilleure amie d'hénéna, l'a vue et elle assure que

Judith a regardé Aline en la narguant,

D'un air de dire :"voilà maintenant

c'est MA meilleure amie à moi !"Droite

Mais Aline a -t-elle imaginé

les regards narquois?

Héléna comme un objet

dont on peut se sentir dépossédé.

Oui c'est vrai, admet Aline,

l'imagination est folle.

Oui , le problème c'est cette jalousie . Jalousie à l'origine de la violence .

Est-ce que personne ne doit s'approcher de ta meilleure amie

ou est-ce que c'est à toi de réfléchir à ta jalousie?

La deuxième  possibilité...raisonne Aline.

La jalousie. N'y a t-il pas de sentiment plus humain que la jalousie? 

La maîtresse se souvient de sa douleur d'enfant à l'idée de partager les êtres aimés,

du désarroi qui se dissimule derrière un sentiment tant décrié.Alors elle donne quelques billes:

- C'est un peu comme la petite fille qui ne veut pas partager sa maman .

Judith se souvient: 

- Moi en vacances mes parents avaient emmené ma grande copine en vacances

et ils s'occupaient plus d'elle que de moi. Alors je faisais que des bêtises,

je sautais sur les lits, je criais. Tout ça juste pour qu'ils s'occupent de moi!!!

Grande clairvoyance de l'enfance ...

 

 

 

 

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