19 octobre 2013

poèmes à foison


Les poèmes naissent jour après jour dans le coeur des élèves

les poèmes se pérénisent noir sur blanc

dans les cahiers du matin.

La maîtresse leur a laissé un lieu où se montrer:

les 4 vitres de la classe donnant sur la cour.

La classe s'habille de vers et

sous ses fenêtres, les élèves de l'école

viennent lire les petits poèmes

corrigés, recopiés, enluminés, collés .

La maîtresse en lit toujours et encore:

du Baudelaire, du Verlaine, Hugo et toute la clique

pour le plaisir de l'ouïe et du coeur.

Lecture à 13h30 d'un poème

puis, lors de l'appel,

les élèves donnent

un mot du poème.

UNE ANNÉE FRUCTUEUSE S'ANNONCE....

 

 

 

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11 octobre 2013

Louis

Louis n'écoute pas en classe. Le travail n'est pas fait.

la maîtresse l'observe à la dérobée:

Louis est un enfant qui porte un masque :

pas l'ombre d'un sourire, ni trace d'une quelconque émotion.

Pendant les maths, Louis regarde le plafond

et, en français, devient oiseleur   .

Pourtant, ses textes du matin

sont dignes d'un cm2, prolixes et ciselés.

L'utilisation d'un de ses textes

en conjugaison semble

ne lui avoir fait ni chaud ni froid.

Ni motivé  pour la tâche scolaire.

Afin d'étancher sa curiosité,

alors que les autres s'affairent,

la maîtresse demande à Louis de venir au bureau

" Louis on dirait que tu es dans la lune en classe,

c'est vrai ou c'est pas vrai?

- Oui, c'est vrai

-  On dirait que tu as du mal à te mettre au travail !C'est ou c'est pas vrai?

- Oui c'est vrai...

- On dirait même que tu essaies d'échapper au travail, non?

Louis hoche tristement la tête

- et pourquoi c'est difficle pour toi de te mettre au travail?

Soudain les yeux de l'enfant semblent en plein naufrage;  

elle voit Louis devenir tout rouge

comme quand l'émoi arrive au triple galop tout en tentant de contrôler sa course.

La maîtresse fait doucement pivoter Louis afin de soustraire son visage 

à ses pairs au labeur et elle entend quelques mots accompagnant les larmes:

" Parce que j'ai peur de me tromper"

La maîtresse tente de le rassurer:

" Tu sais, on est en classe pour apprendre et quand on apprend

et bien, des fois, on se trompe! Si tu ne travailles pas

tu ne pourras pas apprendre tout ce qu'il faut savoir

et ça va poser problème......"

Durant le reste de la journée, Louis a travaillé.

Elle se souvient....

Cette petite conversation suffira-t-elle à le remettre sur le chemin du travail?

 

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09 octobre 2013

Judith et Camille


Pendant le chant d'Eléanor,

Judith et Camille  ricanaient au fond de la classe.

Malgré la tristesse qui en émanait.

Parfois, quand on est mal à l'aise,

quand on sent  la tristesse s'insinuer en nous,

ricaner permet de lutter intérieurement contre cette tristesse 

qui pourrait nous envahir entièrement.

 " Les filles, est-ce que vous ricaniez parce que vous étiez mal à l'aise en écoutant Eléanor?"

Les filles acquiescent, relèvent la tristesse des mots et les rires cessent.

Eléanor temine son tour de chant sans moqueries.

Pourquoi, peu après cette conversation, Judith demande-t-elle à la maîtresse

si elle aime le chocolat ?

"Et puis les bonbons aussi, maîtresse, tu aimes bien les bonbons?"

La maitresse taquine la miss :

" Tu n'essaierais pas d'acheter un bon bulletin avec des chocolats ! "

La maîtresse ajoute :

" C'est pour dire que tu sens bien dans la classe? "

Judith répond par l'affirmative....L'hypothèse est approuvée.

Finalement, ces petits bonheurs sont les douceurs les plus tendres au coeur.....

 

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07 octobre 2013

Gabriel

Gabriel occupe beaucoup de place dans la classe. Et ce, depuis le début de l'année.

" Un peu comme à la maison, prendre toute la place,

pour ne pas laisser d'espace aux autres,

comme avec  la petite soeur?"

hasarde vainement la maîtresse

Gabriel est bavard, oui il le sait

et il le revendique haute et fort.

Il avait raconté à la maîtresse qu'il était resté,

toute l'année dernière, seul à une table

et sa maîtresse le punissait parfois pendant la récréation.

Toute la journée, la maîtresse l'a rapelé à l'ordre :

" Gabriel! arrête de parler ! Gabriel ! Tu as oublié qu'on devait lever le doigt ?"

Et cet après midi, la maîtresse a le sentiment de stigmatiser Gabriel.

Toujours lui, toujours dans le même rôle.

Alors elle a demandé son élève

qu'elle a coincé entre la vitre et une miss pas trop pipelette:

" Tu n'en as pas marre d'être celui qui parle tout le temps,

tu n'en as pas assez de cette image négative qu'on te renvoie tous les ans?

d'être celui à qui on dit arrête de parler, arrête de te lever !!

tu n'en n'as pas marre de revendiquer d'être bavard ,

tu m'as dit que tu as toujours été ainsi

mais c'est faux, on peut toujours changer"

La maîtresse a vu, oui elle a bien vu :

les yeux de Gabirel se mettre à briller, à se remplir de larmes,

son sourire disparaître pour laisser place à une expression nouvelle.

Elle a bien vu le grand bavard ne plus trouver ses mots,

touché...

Ensuite, lors de la lecture libre, elle l'a vu s'asseoir avec son livre

au pupitre d'appoint au fond de la classe. Elle l'a vu lire calmement

sans chercher à bavarder avec Roxane, ni au dessus de la boîte à livres.

Y aurait-il quelque chose en train de germer ?

Il faudra en rediscuter...

 

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04 octobre 2013

Louis dans la lune

Louis est un élève d'une timidité maladive.

Un enfant qui sourit au théâtre mais qui se tient en permanence voûté, comme s'il souhaitait ne pas être vu.

Les timides sont les élèves que la maîtresse aime tout particulièrement, ceux qui lui rappellent la petite souris qu'elle était, elle, enfant  à l'école. Elle aimerait tant les sortir de leur torpeur.Mais ses élèves , les plus grands de l'école, déjà en armure, ne sont pas toujours accessibles aux mots pansements de la maîtresse.

En classe, Louis parle peu, sourit peu, travaille peu.

Dans les quelques travaux, avec une écriture sèche , irrégulière et pas toujours lisible, Louis ne semble pas capable de remobiliser des connaissances élémentaires telles que les verbes du 1er et 2ème groupes au présent.

La maîtresse l'observe à la dérobée:

Louis regarde le plafond pendant les maths ou par la fenêtre en français .

Alors la maîtresse le hèle :

" Louis, tu es dans la Lune, il faut atterrir! "

Louis  sourit gentiment à sa maîtresse : il en a toujours été ainsi durant toute sa scolarité.

Pourquoi ne le laisse-t-elle pas poursuivre son grand sommeil ?

Et puis, ce jeudi à 8h47, elle découvre que le cahier du matin de Louis se noircit à vue d'oeil.

Avec son autorisation, elle y jette un œil et elle découvre avec stupéfaction un long texte, une histoire composée de plusieurs chapitres. Une histoire de chevalier qui chasse les dragons. Un chevalier malin qui finit toujours vainqueur de ses combats contre les monstres grâce à des objets. Un texte digne d'un CM2 de début d'année avec une jolie écriture ronde . Un texte qui jure avec le travail fait en classe.

Alors la maîtresse s'étonne. Avec emphase. Comme d'habitude quand elle veut provoquer un choc positif:

" Mais je ne comprends pas Louis ! Ce travail est magnifique! Quelle belle écriture! Et l'orthographe est bien, très peu d'erreurs,juste parce que tu n'as pas relu. on voit que tu sais écrire pas mal de mots, tu as du vocabulaire, peu d'erreurs de conjugaison! Rien à voir avec tes exercices! Moi quand je regarde tes cahiers, je me dis que tu es en difficulté. Quand je regarde ton cahier du matin, je me dis que Louis a un bon niveau en français, il sait faire plein de choses!"

Louis se tortille.

La maîtresse trouve que ce texte tombe pile poil dans sa programmation;

elle demande à Louis l'autorisation d'utiliser son grand texte pour le travail de classe :

Le texte est tapé et

les élèves devront conjuguer

les verbes entre parenthèses au présent.

 

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30 septembre 2013

Eléanor

Ce mardi matin, la maîtresse effectue quelques changements de places salutaires :

entre les impénitents bavards, ceux qui savent pas chuchoter,

les élèves qui ont besoin d'un voisin plutôt calé et

ceux qui s'entendent comme chien et chat , la chose n'est pas si simple...

Eléanor , elle, demande à ne plus être à côté de sa grande copine, Juliette.

Mais que se passe-il donc !

- Elle me parle, explique Eléanor

- Et que te dit-elle, cette Juliette? questionne la maîtresse en observant

du coin de l'oeil la fameuse Juliette qui ne semble pas prendre la mouche.

- Elle me fait des remarques. Par exemple, en français  elle m'a  dit d'écrire sur la page gauche et pas sur la page droite.

- Et il fallait écrire sur la page gauche ou la page droite?

- La gauche.

- Donc elle te faisait une remarque intéressant pour ton travail?

- heu...oui...

- Et tu veux que je te change de place alors que ta voisine peut t'aider quand tu flânes ou quand tu n'as pas entendu la consigne ?

La maîtresse voit Eléanor s'effondrer

au fond de la classe, de grosses larmes

sortant de ses si jolis yeux

- Pleure , lui dit-elle, pleure ,

ça fait du bien de pleurer,

on en reparle tout à l'heure.

A 11h25, elle vient voir la miss

"Je suis très sensible! explique la demoiselle.

L'année dernière la maîtresse elle disait qu'on était une classe de nullards.

Quand j'avais une mauvaise note, elle demandait aux autres d'applaudir

- Oui mais Eléanor tu vois bien que cette année est différente! Peut être que quand Juliette te fait une remarque, peut être que tu te rends compte que tu n'as pas fait comme il fallait et que tu te sens nulle...

La miss acquiesce.

- Maintenant il faut voir les belles choses en toi, il faut regarder tout le travail que tu sais faire en classe et ce que tu ne sais pas encore faire . Il va falloir effacer tous ces sentiments négatifs sur toi......

Bien sûr, il faudra écouter en classe au lieu de faire des petites fleurs en papier pendant les exercices.

 

Eléanor va devoir acquérir davantage de confiance en elle.

 

 

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25 septembre 2013

1ère séance de théâtre

1ère séance de théâtre.

1ers bonheurs pour les uns,

1ers émois pour les autres, les timides de la classe.

La maîtresse les pousse, un peu, et hop, les voilà sur scène .

La consigne:

se présenter en se mettant en scène.

Beaucoup d'idées, une maîtresse qui rit, qui s'émeut

de les voir si créatifs :

4 copains se rencontrent dans une bibliothèque

un papa qui présente son enfant

une collision entre 4 filles qui en perdent leur latin,

3 danseuses qui se présentent les unes  les autres,

2 garçons évoquant leurs passions.

Nouveauté dans sa classe laboratoire

avec la mise en route du théâtre dès le début d'année

afin de bénéficier de cet outil extraordinaire

sur les grands timides ( nombreux cette année ),

pour des répercussions positives dans les apprentissages.

 

 

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23 septembre 2013

illusions brisées

  Dans le texte, 1er texte étudié,

 pas à pas pour élucider

 les stratégies de lecture.

 Et puis la maîtresse s'arrête sur une phrase :

 " Conseiller ça ou écrire au Père Noël ça revenait au même".

 On explicite, on discute, on replace la phrase dans son contexte.

Soudain un hurlement retentit:

"c'est la 1ere fois qu'une maîtresse dit que le Père Noël n'exite pas !"

Coup de chaud sur l'échine de la maîtresse qui conserve

de mauvais souvenirs de récriminations de parents

au sujet de ce qui a pu se dire en classe,

de ce qui aurait dû se dire en aparté.

" Mais moi je discute avec vous à partir du texte :

Qu'est-ce qui est écrit dans le texte?

Ce n'est pas moi qui le dit, c'est l'auteur."

Louis marmonne des propos que le voisin rapporte à voix haute:

Il a appris que le père Noël n'existait pas il y a seulement deux jours .

Matéo ajoute : "Moi je ne savais pas qu'il n'existait pas".

En écoutant leurs histoires écrites dans le cahier du matin,

la maîtresse sentait déjà que dans ces grands élèves battaient des petits coeurs !


 

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19 septembre 2013

chanson

Eléanor a envoûté la classe en interprétant à capela une magnifique chanson .

ça a donné des idées à Ludovic

qui décide d'écrire une chanson.

Un poème qui pourra être mis en musique.

un enfant qui découvre un oiseau magique

et le soigne.

Avec un refrain pour rêveur.

Et puis l'oiseau, un jour,

disparaît ne lui laissant qu'une plume.

La maman de Ludovic avait dit, en réunion, 

que son fils se souvenait très bien de son passage, l'an passé, dans la classe de la maîtresse:

                             "ça a été une révélation! "

Depuis , Ludovic écrit toujours  à la maison.

- Moi je me souviens très bien de lui. Il avait réveillé mes élèves .

Il avait écrit des textes d'une grande poésie.

Et à la maman de préciser:

        

                    "ça a été une rencontre entre lui et vous."

 

 Vous ne voyez pas derrière votre écran,

mais il y a un sourire ineffaçable sur les lèvres de cette maîtresse,

il y aura, pendant quelques jours,

                                                  un soleil dans tous ses mots,

                                                                             des étoiles dans ses yeux.

 

 

 

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14 septembre 2013

GRAND ORAL

La réunion parents-professeur

s'est prolongée jusque tard dans la soirée. Les parents étaient toujours assis

lorsque les lumières de l'école se sont éteintes.

Seule, la classe brillait comme un falot, tenu à bout de bras par la maîtresse.

Les parents  semblaient convaincus par les dictées quotidiennes,

la grammaire à partir de textes d'élèves.

Ils ont souri quand elle a comparé sa classe à un grand laboratoire,

acquiescé quant à la place donnée aux productions d'écrits ,

ri au récit de quelques anecdotes de classe.

Entre la présentations des cahiers, ses rituels singuliers,

les évaluations courtes, les lectures, certaines obligatoires , d'autres libres,

la fabrication de jeux au statut d'exercice, les arguments de la maîtresse sont précis et justes (elle y tient).

Ils acceptent l'idée que les élèves rentrent à la maison en racontant qu'ils ont joué en classe,

 qu'une maîtresse bouleverse sa programmation

si un évènement, un texte, des propos lui permet de dérouler le tapis d'une notion.

Elle a décrit ses-va et-vient entre les manuels scolaire et les textes d'élèves

pour que les activités de classe prennent du sens;

ses cheminements entre la contextualisation et la décontextualisation

pour motiver les élèves et les emmener vers plus d'abstraction.

 La maman d'Hippolyte pense que son fils "sera bien dans cette classe "

et la maman de Camille " aime la liberté qu'ils ont ".

La maîtresse est rassurée : ses méthodes étonnantes n'effraient pas les parents.

 

Elle va pouvoir travailler sereinement.


 

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