23 septembre 2013

illusions brisées

  Dans le texte, 1er texte étudié,

 pas à pas pour élucider

 les stratégies de lecture.

 Et puis la maîtresse s'arrête sur une phrase :

 " Conseiller ça ou écrire au Père Noël ça revenait au même".

 On explicite, on discute, on replace la phrase dans son contexte.

Soudain un hurlement retentit:

"c'est la 1ere fois qu'une maîtresse dit que le Père Noël n'exite pas !"

Coup de chaud sur l'échine de la maîtresse qui conserve

de mauvais souvenirs de récriminations de parents

au sujet de ce qui a pu se dire en classe,

de ce qui aurait dû se dire en aparté.

" Mais moi je discute avec vous à partir du texte :

Qu'est-ce qui est écrit dans le texte?

Ce n'est pas moi qui le dit, c'est l'auteur."

Louis marmonne des propos que le voisin rapporte à voix haute:

Il a appris que le père Noël n'existait pas il y a seulement deux jours .

Matéo ajoute : "Moi je ne savais pas qu'il n'existait pas".

En écoutant leurs histoires écrites dans le cahier du matin,

la maîtresse sentait déjà que dans ces grands élèves battaient des petits coeurs !


 

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19 septembre 2013

chanson

Eléanor a envoûté la classe en interprétant à capela une magnifique chanson .

ça a donné des idées à Ludovic

qui décide d'écrire une chanson.

Un poème qui pourra être mis en musique.

un enfant qui découvre un oiseau magique

et le soigne.

Avec un refrain pour rêveur.

Et puis l'oiseau, un jour,

disparaît ne lui laissant qu'une plume.

La maman de Ludovic avait dit, en réunion, 

que son fils se souvenait très bien de son passage, l'an passé, dans la classe de la maîtresse:

                             "ça a été une révélation! "

Depuis , Ludovic écrit toujours  à la maison.

- Moi je me souviens très bien de lui. Il avait réveillé mes élèves .

Il avait écrit des textes d'une grande poésie.

Et à la maman de préciser:

        

                    "ça a été une rencontre entre lui et vous."

 

 Vous ne voyez pas derrière votre écran,

mais il y a un sourire ineffaçable sur les lèvres de cette maîtresse,

il y aura, pendant quelques jours,

                                                  un soleil dans tous ses mots,

                                                                             des étoiles dans ses yeux.

 

 

 

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14 septembre 2013

GRAND ORAL

La réunion parents-professeur

s'est prolongée jusque tard dans la soirée. Les parents étaient toujours assis

lorsque les lumières de l'école se sont éteintes.

Seule, la classe brillait comme un falot, tenu à bout de bras par la maîtresse.

Les parents  semblaient convaincus par les dictées quotidiennes,

la grammaire à partir de textes d'élèves.

Ils ont souri quand elle a comparé sa classe à un grand laboratoire,

acquiescé quant à la place donnée aux productions d'écrits ,

ri au récit de quelques anecdotes de classe.

Entre la présentations des cahiers, ses rituels singuliers,

les évaluations courtes, les lectures, certaines obligatoires , d'autres libres,

la fabrication de jeux au statut d'exercice, les arguments de la maîtresse sont précis et justes (elle y tient).

Ils acceptent l'idée que les élèves rentrent à la maison en racontant qu'ils ont joué en classe,

 qu'une maîtresse bouleverse sa programmation

si un évènement, un texte, des propos lui permet de dérouler le tapis d'une notion.

Elle a décrit ses-va et-vient entre les manuels scolaire et les textes d'élèves

pour que les activités de classe prennent du sens;

ses cheminements entre la contextualisation et la décontextualisation

pour motiver les élèves et les emmener vers plus d'abstraction.

 La maman d'Hippolyte pense que son fils "sera bien dans cette classe "

et la maman de Camille " aime la liberté qu'ils ont ".

La maîtresse est rassurée : ses méthodes étonnantes n'effraient pas les parents.

 

Elle va pouvoir travailler sereinement.


 

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11 septembre 2013

Nicolas boude

 

- Parce que les autres trichent, explique-il à la maîtresse

qui traversait la joyeuse cour jusqu'à la photocopieuse.

- Bein tu pourrais leur dire que tu es fâché.

Le tricheur en question c'est Emmanuelle.

En classe, la maîtresse questionne les protagonistes.

- On jouait à chat et Emmanuelle, elle trichait, répond Nicolas à la maîtresse.

- Non, pas à moi!  Adresse-toi à Emmanuelle!

- On jouait à chat et tu trichais.

- bein non j'ai pas triché!

- Si, elle a triché, elle est allée sous les arbres et on avait dit qu'on n'avait pas le droit.

- A elle, Nicolas! Pas à moi!

- Tu es allée sous les arbres et on n'a pas le droit. Moi je ne pouvais plus t'attrapper.

- Je n'ai pas fait attention, maîtresse!

- A lui,  pas à moi!

- Désolée, Nicolas, je n'ai pas fait attention.

 

Un moment précieux.

Une parole libérée.

Une communication efficace.

Des enfants apaisés et disponibles pour la classe.

Une expérience à renouveler!

 

 

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08 septembre 2013

Ludovic and co.

 

 

Ludovic  se souvenait de son passage ds la classe de la maîtresse.

Il semblait n'attendre que d´arriver ici

pour laisser courir, à nouveau, sa plume.

Dans ce cahier d'écrivain,

appelé pudiquement cahier du matin,

Ludovic a débuté une histoire de dragons,

de princesse à sauver, d'une ville à libérer.

Une formulation à couper le souffle,

du vocabulaire étonnant pour un enfant.

Ludovic est une star naissante.

Attention à ne pas le laisser occuper tout l'espace...

Et va-t-il réussir à mettre en appétit ses camarades?

 

" Ce  cahier, c'est  un peu comme un psychologue! a avancé Eliot.

- Oui, tu as raison. Une année, il y avait une petite fille qui n'arrivait pas à travailler

à cause d'un terrible cauchemar. Et puis elle a dessiné ce cauchemar, et 

ça lui a fait du bien. Elle a pu se remettre au travail."

Mais comment Eliot, connaît-il les psychologues?

" Je faisais des cauchemars l'année dernière."

Les parents d'Eliot ont fait des pieds et des mains

pour que leur enfant ne soit pas cette classe.

Eliot , un élève à tenir, paraît-il, d'une main de fer.

Un élève qui fait des bêtises en classe, d'après un camarade.

Mais ce sont souvent les mots des enseignants qu'on trouve dans la bouche des élèves.

La maman d'Eliot que la maîtresse a senti au bord des larmes.

La maîtresse fait confiance aux signaux qu'elle croit recevoir des autres.

Elle sait qu'elle les perçoit , la plupart du temps, avec justesse.

 La maîtresse sait qu'elle a travaillé si longtemps sur ses propres émotions,

elle a rencontré si souvent la petite fille, qu'elle a été,

qu'elle imagine moins ses propres émotions sur le visage des autres .

Elle se perd moins dans ses projections.

Plusieurs RDV ont été fixés: entre dysgraphie ou dyslexie,

trouble dont souffrait  Albert Einstein

elle attendra aussi la maman d'Eliot.

 

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03 septembre 2013

Nouvelle rentrée


Une rentrée sage et sans éclats.

La maîtresse a capté quelques sourires d'enfants.

Quelques remerciements quand elle a invité les parents à entrer dans la classe.

Quelques étonnements devant le tableau numérique

qui lui avait arraché 2 ou 3 jurons durant l'été.

 

Quelques élèves en qui elle souhaite voir frémir les bases de l'estime de soi.

Des bouilles d'anges. Le fameux ludovic.

Des cerveaux à rassurer :

La maîtresse connaît ses prédécesseurs comptant deux essoreuses à cerveaux!

Quelques commentaires :

"J'aime bien les maths aujourd'hui  parce que c'est facile."

"Les évaluations alors c'est juste pour savoir si on sait ou si on sait pas!".

"C'est des jeux pour apprendre ?"

Des petits " OUAIS"  distillés dans la journée, en écho aux :

"On fera du théâtre". "On fabriquera des jeux".

"Je vais vous lire un poème". "Attention! J'allume le tableau numérique!"

Quelques réponses :

"C'est facile parce que tu as utilisé un outil: le tableau de numération.

En l'utilisant tu apprends. Un jour, tu n'en auras plus besoin"

" C'est ça. Si tu rates une évaluation, tu t'entraînes à nouveau,

encore une fois ou deux. Ensuite, tu refais ton évaluation."

Plusieurs parents qui souhaitent un RDV.

Une maman qu'elle a senti au bord des larmes :

" Pour parler d'un problème, l'année précédente. Non pas au niveau du comportement.

Un problème entre l'enseignante, l'enfant et les parents"

Un enfant qui sort de chez celle qui s'en est prise à la maîtresse

(fichtre! Au diable cette sensiblerie!).

Celle à qui on donne des élèves avec un sentiment de sacrifice:

"lesquels seront assez costauds

pour survivre à un passage dans sa moulinette?"

Celle que, dans quelques jours, la maîtresse dénoncera ainsi

car tout silence est connivence.

 

Demain, au-dessus des copies,  elle fera la somme, entre math et français,

de ceux qui auront besoin d'être accompagnés dans les prochains jours .

 

Ce soir elle a écouté le récit de rentrée de sa BellôBôBidon et

    de son louloufoufou (dans la classe voisine!)

 Demain matin, ce sera au tour de sa bellâme de 13 ans.

Quelle fierté!

 

 

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02 septembre 2013

pessimisme

La classe a effectué 2 représentations avant le grand soir, 2 spectacles devant des classes de collègues.

2 petits galops d'essais à valeur de répétitions au bilan  mitigé:

Outre le gros souci des bavardages de coulisses,

les commentaires des collègues tournaient autour

de tout ce qui dysfonctionnait dans cette troupe d'amateurs.

Commentaires clos par "Mais sinon c'était bien"!

De retour en classe, Cyrielle fit remarquer : ils ont parlé que de ce qui n'allait pas.

La maîtresse n'a aucune prétention théâtrale. Les élèves se sont bien amusés,Optimisme

ils ont lu, émis des hypothèses, relu pour vérifier, réfléchi, réajusté, organisé.

Ils ont pris le risque de s'exposer.

Un joli travail au bout du compte.

Mais la maîtresse ne comprend pas ce pessimisme.

Sa fille, collégienne en goguette, a beaucoup ri lors des répétitions,

l'enthousiasme des élèves laissait présager un moment festif,

les spectateurs semblaient se réjouir.

La maîtresse fait du théâtre en dilettante, elle ne mène pas une véritable troupe.

Elle, qui ne craint plus d'exprimer ses enthousiasmes en classe,

 aimerait plus d'optimisme, plus de sourires, plus de bienveillance.

.http://www.apwn.fr/wp-content/uploads/2011/03/optimisme.jpg

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31 août 2013

EN JUIN, Janelle et son papa

Janelle a souvent parlé de son papa,

un papa distant qui la réprimande beaucoup.

La maman avait rapporté les propos de la psychologue:

Le père désapprouve toutes les fois

où Janelle ouvre le frigo, se fâche.

Alors Janelle mange beaucoup

pour attirer l'attention,

même négative, du père.

Certe il n'y a pas d'école

pour apprendre à être un papa!

Mais au spectacle, la maîtresse a bien vu

le regard de ce fameux papa,

elle a entendu les mots prononcés.

Elle partage avec Janelle :

" J'ai vu et c'est sûr que ton papa t'aime.

Le problème c'est  qu'il ne doit pas savoir le dire ,

il ne sait pas  montrer à sa fille qu'il l'aime."

En écrivant cela aujourd'hui la maîtresse se demande

si elle parle du papa de Janelle ou de son père à elle.

Elle a eu, elle aussi, un papa distant.

Parfois la maîtresse ne s'adresse pas seulement à ses élèves.

À travers eux, elle donne des mots à la petite fille qu'elle a été,

cette petite fille qui cherchait comme Janelle des preuves d'amour

dans la distance et l'indifférence affichée.

 

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Cyrielle

Cyrielle ira peut être dans un autre collège :Enfant cute Banque d'images - 7359334

elle va vivre chez son papa.

Nouvelle dans l'école,

Cyrielle a déménagé 3 fois en 3 ans.

Cyrielle pleurait parfois en classe, se plaignait beaucoup.

Car elle avait des soucis à la maison.

Car elle avait mal au ventre.

Car elle avait mal à la tête.

Car les copines boudaient.

Car elle avait mal à la jambe ou au bras.

Car elle appréhendait le sport. 

Oui, il faut laisser du temps au temps pour avoir suffisamment de recul.

Pour ne pas s'apitoyer sans cesse sur la miss. Pour se questionner.

Pour prendre conscience que, peut-être, ces plaintes sont signes d'immaturité.

Une manière d'attirer l'attention. Peut-être une somatisation pour dire l'essentiel.

En janvier, sa maman lui avait annoncé qu'elle était enceinte. En février elle partait au ski. 

En avril elle annonce à sa fille que cette grossesse était une blague.

La maîtresse a servi un vert commentaire à son élève.

Au théâtre, Cyrielle, si fragile scolairement, est devenue une vrai star, occupant l'estrade

avec aisance, trouvant des interprétations drôles et  originales.

Mais ni sa mère, ni son père n'étaient présents le soir de la représentation.

Une maman qui annonce à sa fille qu'il ne reste qu'une seule place

dans la voiture pour partir cet été en vacances et qui dit à sa fille

qu'elle a choisi d'emmener le frère mais pas Cyrielle.

Une maman malade qui a fait plusieurs séjours à l'hôpital dans l'année.

Un beau-père parfois cruel, en rivalité avec la petite quant à l'amour de la mère.

Alors quand Cyrielle annonce, souriante,son départ chez son papa, la maîtresse s'en réjouit :

" C'est une bonne idée !

Tu trouveras un peu de stabilité et ça va t'aider à grandir dans ta tête.

Ta belle-mère prendra soin de toi pendant que maman va se soigner, prendre soin d'elle."

Cyrielle complète:

" Si je pars, maman va peut-être se rendre compte qu'elle m'aime".

Oui il faut laisser du temps au temps pour avoir une vision juste des enfants.

Cyrielle emportera avec elle un regard bienveillant de maîtresse sur l'élève qu'elle est.

 

 

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25 août 2013

En mai la maman de Kriss

En mai, la maîtresse était toujours inquiète quant aux apprentissages.


Malgré l'inimité qu'elle a manifestée.

le fossé est gommé, la maman a gommé le fossé

en franchissant les grilles de l'école.

Malgré les constats

Malgré  les bagarres et les insultes de l'enfant,

elles ont conversé.

Quelques mots polis, un échange qui se obstruait.

La maîtresse sait qu'elle marche sur des œufs.

Alors elle progresse doucement:

Un compliment  +  un reproche =  le compte est bon!

Ce soir là, la maman de Kriss a pleuré.

Un peu dépassée par son fiston.

2 heures pour dresser un tableau et envisager, un peu tard, des solutions.

Que de temps perdu avait envie de lui dire la maîtresse .

 

 

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