21 juillet 2013

En avril : Charlotte et sa grand-mère

 

 

Photographie Enfant

photo : Sébastien Laban

La maîtresse a vu un mouvement de foule en allant en sport:

toutes les filles de la bande se sont rassemblées autour de Charlotte.

Charlotte qui pleure. La maîtresse emmène au gymnase ses élèves; elle verra avec Charlotte plus tard;

De retour en classe, elle la questionne, le temps d'une récréation.

Charlotte reste énigmatique, ne sait pas si elle a le droit de le dire.

La maîtresse insiste mollement. Elle est souvent tiraillée entre le respect de leur vie

et l'aide qu'elle peut parfois leur apporter.

Là elle sent que Charlotte va parler.

Charlotte qu'elle connaît si peu. À part ses coups d'humeur, ses rancunes.

Charlotte chef et un peu peste,  provoquant parfois l'exclusion de certaines telle que Cyrielle..

Mais aujourd'hui Charlotte pleure .

La maîtresse oriente ses questions et Charlotte cède : C'est à cause de sa famille.

C'est sa grand-mère qui est malade. Un cancer. 

La maîtresse lui dit qu'un cancer ça se soigne aussi.

Une récidive? C'est vrai, c'est inquiétant.

Pourtant Charlotte voit rarement sa grand-mère .

Elles ne sont pas proches. Pourtant Charlotte pleure.

Il y a le chagrin muet de sa mère. Non, surtout ne pas en parler car elle a peur de lui faire de la peine.

La maîtresse explique:

" Parfois quand on a peur pour sa grand-mère, ça réveille d'autres peurs

- Oui des fois j'ai peur que ma mère meurt...

- Oui il doit y avoir ça et puis aussi  la peur de grandir, de quitter l'enfance.

À la fois on a envie et à la fois on a peur!?

Charlotte acqiesce. Elle parle de deux de ses nombreux frères, elle parle des deux qui ont quitté la maîson

pour vivre leur vie, pour construire leur famille à eux.

Les larmes de Charlotte redoublent. Ils lui manquent, elles étaient proche d'eux.

un départ qui sonne tel le glas .

 La famille de Charlotte c'est un tout, une unité non fractionnable.

Une famille nombreuse, très fusionnelle.

Pas toujours facile d'y trouver sa place. Pas facile non plus d'en sortir.

Grandir ne se fait pas sans quelques douleurs. 

 

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20 juillet 2013

En mai, la maman de Jonathan

" Moi, la fille qui  m'a traitée de boudin elle a fini à l'hôpital ! "

C'est la maman de Jonathan s´adressait ce lundi matin à la maîtresse.

Une maman au bord des larmes, une maman touchée au travers de son fils,

la lèvre tremblante, les mots ne pouvant contenir l'émotion;

une maman sous la morsure de l'enfance : Elle se souvient. 

La maîtresse est toujours touchée par les larmes des autres, 

ça fait comme la vague qui gonfle et roule sur l'échine de l'océan,

la maîtresse ressent souvent en elle ce qu´autrui dit; ou tait.

Jonathan a été blessé d'une remarque .

Une remarque sur ses dents .

La sempiternelle remarque

Inombrables blessures depuis la petite école, précise la maman.

La maîtresse a assuré la maman de sa bienveillance à l'égard du fils.

Et quelque soit la valeur du propos,

il y a en elle une tendresse de mère

qui sourit aux autres mamans.

Mais les mots rassurants de la maîtresse

ne suffisent pas à tarir les larmes intérieures.

La maîtresse enquête en entrant en classe

Mais Jonathan n'est plus très sûr et doute de la réalité du propos.

Est-ce le souvenir d'une moquerie ancienne ?

Est-ce la résurgence d'une blessure profonde née dans le cœur d'un enfant 

une blessure entretenue durant toute la scolarité par les boutades,

une douleur que l'institutiopas a pas su soigner ni adoucir.

La maîtresse en reparle  à 16h30 avec  la maman et

puis elle revient sur ce qu'elle a évoqué, à mots couverts, lors de la remise du 2ème bulletin:

l'estime de soi.

      Lors d'un débat en éducation civique avec une définition de l'estime de soi,

      Jonathan avait pris la parole :

      " Moi je ne m'aime pas. C'est comme ça."

      Et il avait développé : 

     "Mon frère c'est pareil il ne s'aime pas beaucoup . Ma mère et mon père non plus".

La maîtresse était restée évasive avec les parents lors de la remise du bulletin

car cela n'influait pas sur les apprentissages.

À Jonathan d'en parler, à lui de leur raconter.

Voilà que la maîtresse remet cette histoire d'estime de soi sur le tapis

Une moquerie atteint en plein cœur celui qui est narcissiquement torpillé.

Un quolibet restera inoffensif pour celui qui s'aime .

La maman pense qu'après les rendez-vous, radiologue, orthodentiste,

l'estime se redorera

La maîtresse en doute.

Mais peut-on parier sur l'avenir avec assurance sans rogner sur la liberté de l'individu?

Sans omettre d'éventuelles belles rencontres de la vie?

Sans compter sur certains chemins fleuris qu'on se choisit ?

La maîtresse n'a pas évoqué l'idée du psy avec les parents de Jonathan.

Elle sent qu'il n'y a pas de questionnement chez la maman, guère de place pour le périlleux doute.

Elle sait, elle en a fait l'expérience avec sa propre fille, sa Bellâme,

que l'estime de soi peut se reconstruire chez un professionnel.

Mais quelle grande remise en question pour des parents.

 

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17 juillet 2013

histoire à quatre mains

 Histoire écrite à quatre mains:

Un homme éconduit.

Un crime sur une passerelle.

Un meurtre passionnel.

L'enfant qui passe sur la passerelle meurt.

Quiconque empruntant la passerelle périt.

Les élèves attrapent un fou rire en voyant la maîtresse très concentrée en écoute totale:

" Quoi? C'est tout? Bein ce pont est maudit? Bon alors il faut expliquer qui hante ce lieux!

Il faut que quelqu'un rende ce lieu fréquentable!"

La maîtresse regarde les yeux des auteurs ; des yeux qui brillent de mille feux,

les étoiles de l'inspiration traversant les esprits .

Elle ne pense pas attendre très longtemps pour connaître la suite.

 

Parfois certaines histoires d'élèves éveillent l'imaginaire de la maîtresse.

Parfois certaines histoires réveillent d'anciennes vocations d'écrivain...

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16 juillet 2013

JANELLE en mai

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Janelle est revenue au bureau de la maîtresse  à l'heure de peaufiner les fonctions de l'adjectif :

"tu sais maîtresse quand je suis venue te parler de Noémie;

bein tu sais j'ai un problème. Je suis pas toujours très gentille.

Des fois, je suis jalouse: Quand elle me parle des fêtes chez elle.

Quand elle va à Eurodysney, je suis jalouse."

Douce Janelle, fille unique, tu ressens ici dans la classe

ce que les autres enfants vivent au cœur de leur fratrie.

Emouvante et clairvoyante Janelle!

Sais tu combien de temps il fallut à la maîtresse pour retrouver ce sentiment en elle,

le débusquer, le nommer, elle qui reçoit cette confidence comme un cadeau.

La maîtresse a posé doucement sa main sur la joue de Janelle .

 

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06 juillet 2013

Avant-dernier jour

L'avant-dernier jour d'école, le jeudi qui touche du doigt les douces vacances.

Ce matin là Marysa arrive en classe avec une triste nouvelle :

son arrière-grand-mère, la maman de son papa, est morte.

La maîtresse comprend cette tristesse.

Elle lui parle un peu et lui rappelle les outils qu'elle lui a donnés.

La maîtresse avait sollicité, à 3 reprises mais en vain, la psychologue scolaire  à propos de Maryssa.

Seulement, à 16h05, ce jeudi là, la maîtresse se tourne vers le renfoncement de la classe

qui fait office de bibliothèque. Et que voit-elle cet avant-dernier jour de classe?

Marysa avait accroché une corde à sauter

à une des poutres situées à 1m70 du sol!

La petite a avoué : "Je voulais me pendre ".

Le dernier jour de classe

la maîtresse doit compléter

le dossier pour signaler

un enfant en danger,

paperasse déposée

en mains propres

à l'inspection de circonscription.

A la rentrée

elle suivra le sillage du dossier

jusqu'au collège

pour en informer qui de droit .

La maîtresse n'invente rien. Elle a certes développé une oreille à écouter l'autre,

elle entend certains mots invisibles mais elle ne fabule pas.

Elle ne projette pas sur ses élèves.

La maîtresse constate que les filles portent toutes des soutiens-gorges en C.M.2.,

certaines ont eu leurs règles cette année.

Maryssa la frêle et la jolie Julie se sont retrouvées, dans l'année, à l'hôpital pour suspicion d'apendicite

et en sont ressorties finalement avec un diagnostic de puberté annoncée

Les filles d'aujourd'hui sont physiologiquement plus précoces que leur mère.

Et les garçons? Elle en a observé quelques-uns de la classe de sa propre fille :

Nombres de garçons muent en 5ème.

    

Il va falloir que l'institution s'adapte,

il va falloir admettre avec les grands de l'école peuvent développer des problématiques d'adolescents.

Il va falloir donner des billes aux enseignants.

 

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05 juillet 2013

aujourd'hui

Le grand luxe de la journée


se faire les ongles en classe !

 

 

 

La dernière bataille


remplir un dossier d'enfant en danger pour Maryssa!

 

 

 

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30 juin 2013

fête à l'école


La maîtresse est sortie de sa classe.

elle a pris un risque, elle qui n'est pas aventurière pour deux sous;

elle qui fait du théâtre en classe depuis quelques années,

du théâtre dont les seuls spectateurs étaient les camarades des autres classes.

le théâtre qui permet de travailler sur les émotions (vocabulaire du cœur,

répertoire de la communication non violente),

le théâtre qui s'avère être le lieu de toutes les audaces pour  les introvertis,

les théâtre qui laissent émerger, hors du français et des math, des stars de classe,

le théâtre qui demande la lecture de texte, qui exige des relectures de vérification.

La maîtresse a fait un spectacle de fin d'année

dans une petite salle communale.

Une semaine de répétition, une semaine empiètant sur les évaluations.

La maman d'Alban a dit que cela se voyait : 

les élèves avaient pris beaucoup de plaisir.

C'est vrai que les pièces sont drôles, 

les rires des parents lui ont rappelé

les raisons du choix des pièces,

et elle leur a laissé de la liberté

hors des chemins balisés des textes,

une liberté qu'ils ont prise

avec bonheur et enthousiasme.

Elle-même a beaucoup ri pendant les répétitions.

La soirée a alterné 1 heure de scénettes tirées des classiques

du théâtre jeunesse et des scénette de leur crû avec des révélations :

Cyrielle en difficulté s'est distinguée peu à peu par ses prouesses

d'actrice, une complicté nouvelle avec une Charlotte inventive et drôle .

Janelle prend conscience qu'en osant et en s'entraînant,comme en math,

elle peut progresser. Elouan, refusant d'apparaître sur scène,

sa maman a négocié avec la maîtresse pour une autre fonction :

régisieur? OK mais le rôle a été assumé une fois sur deux.

"Oui c'est dur" a avoué la maman. Dommage de partager

la perception de la maîtresse enfin d'année.

Elles auraient gagné à travailler ensemble.

Le lundi la maîtresse a demandé aux élèves ce que les parents

avaient pensédu spectacle et parmis les avis enjoués,

Elouan commence ainsi : " ma mère n'a pas aimé du tout!"

La maîtresses stoppe immédiatement l'impertinent:

" Moi, quand j'ai des commentaires négatifs à faire

aux élèves ou aux parents, je commence toujours

par un commentaire positif, je parle de ce qui est bien.

Ensuite seulement je parle de ce qui ne va pas : Alors je te redonne

la parole mais j'exige que la même chose de toi! Merci Elouan!"

           

        Le théâtre fait palpiter une classe.

Sûre, l'an prochain la maîtresse sera une récidiviste!



 

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23 juin 2013

grande exposition des travaux!

  Dernière ligne droite avant la grande exposition des travaux!

La maîtresse presse ses petits élèves,

se fâche devant les petits chahuts.

C'est inhérent au travail

dès qu'ils ne sont plus collés sur leur chaise.

Sans compter Kriss qui hésite

entre l'oiseau et l'oisiveté.

La maîtresse se fâche, le malmène,

le pousse dans ses retranchement.

Quel manque de tact de sa part!

 

Elle pousse aussi Eric qui n'avance pas.

Finalement, il n'écrit plus son conte avec Jonathan.

Seul c'est périlleux et 

dès que la maîtresse baisse la garde

il s'engourdit de paresse.

Il ignore ses remarques

et son travail stagne.

Agacée la maîtresse le questionne ainsi :

- Finalement, tu le trouves très bien ton texte?

- Oui!

- Tu veux rien changer?

- Non!

- Tu as l'impression d'avoir respecté les consignes?

- Oui!

L' insolence l'insupporte.

- Bon et bien si tu es content de toi, tu vas patienter dans une autre classe!"

Eric est expédié dans une classe de C.E.1.

et après quelques scrupules,

après un temps de réflexion,

la maîtresse va chercher son élève .

Petite conversation sur le court chemin de la classe; 

la maîtresse soupçonne un tremblement dans le menton.

Non elle se fait des idées...

Elle le regarde et voit des larmes rouler sur ses joues.

Eric, qui se met des pulls

sous son blouson pour se faire des muscles ,

Eric qui a choisi pour son conte le proverbe "l'union fait la force",

Eric cache une fragilité:  la perte de son papa.

Elouan a égaré son travail,

une couronne avec le conte

collé à l'intérieur,

la maîtresse la retrouve

dans un recoin de la classe, vandalisée.

Elouan n'aimait pas son travail

( "c'est nul" ) et luttait contre l'entousiasme de la maîtresse:

" oh non c'est super! Moi j'adore. Et puis tu es allé au bout du projet et tout seul!"

La maîtresse qui avoue (forçant le trait): " Quand elle a disparu, j'en aurais presque pleuré!"

Rien que pour voir les yeux étonnés d'Elouan, la maîtresse est contente d'elle.

 

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11 juin 2013

créatrice en vocation

Cyrielle et Alban ont annoncé, dans l'année,les grossesses de leur maman.

Ça se parle en classe,quelques boutades, quelques éclats de rires,

beaucoup de "madame et monsieur ont un fils comment s'appelle-t-il?"

inventés et proposés en classe (entre math et français, une petite devinette

réveille tous les intellects!)

Maryssa écrit une histoire de couples qui veulent un bébé.

Maryssa met son écharpe sous son pull

sur son ventre. La maîtresse, cheminant

dans les rangs,commente:" C'est plutôt à maman

de faire un bébé,tu es encore un peu jeune!

- J'ai demandé à maman mais elle a dit

qu'elle ne voulait pas me faire de frère ou de soeur! "

Voilà que, lors de la visite au collège, la maîtresse offre

un dernier cadeau à Maryssa: " Toi, si tu t'accroches au travail,

tu pourras être médecin des bébés, pédiatre quoi."

Elle a vu les yeux de Maryssa briller ! Elle avait vu juste.

Maryssa ne connaissait pas ce métier et oui mille fois oui cela sera son métier

Bon alor la maîtresse va planter quelques graines:

"Oui mais pour cela il faut te mettre au travail sérieusement,

tu ne peux pas te permettre de perdre du temps à te faire remarquer en classe,

à bâcler ton travail,à te laisser dominer par tes folles émotions!"

Idem pour Cyrielle, Cyrielle si immature, bloquée en mode affectif.

Cyrielle la piplette

dans le plaisir immédiat.

Cyrielle scolairement fragile,

que la maîtresse a soutenu

en exigeant l'utilisation des outils, 

en la guidant par des questions élucidantes

Cyrielle qui écrit des poèmes

ou des histoires de fleurs

dans son cahier du matin,

clairevoyante pourtant:

"maîtresse, je sais bien que la fleur dans mes histoires, c'est moi"

et qui semble acquérir, de poème en récit, la maîtrise de ses écrits.

"Cyrielle l Mais dis-moi tu seras peut être fleuriste plus tard!!!

- Maîtresse, tu sais, c'est le métier de ma mamie!"

Il y a des métiers merveilleux, il y a des rêves à portée de main.

Il y a un enseignement professionnel dévalorisé, nourri de dépit

dans une société qui surévalue le bac général,

dans une école qui fait vivre un destin singulier

à la main et à l'âme, au corps et à l'esprit.

Dans une société qui oppose enseignement général et enseignement technique.

La maîtresse rêve de les faire coexister dans sa classe.

 

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05 juin 2013

Poésie, poésie, poésie, poésie, poésie, poésie, poésie, poésie

Les grands de l'école se coursent, se cherchent, batifolent et

Alban,   malgré ses airs d'ange apatride, est l'égal de ses pairs.

Alban   et les autres garçons pour qui les filles sont "nulles",

Alban et ses potes qui courent après les filles,

les filles dont l'œil brille.

Et qu'il pleuve, qu'il vente ou bruine

les grands de l'école ont du soleil plein les yeux

(un des effets secondaires de l'adolescence qui s'annonce).

Alors la maîtresse des grands,

celle qui, dans un an ou deux , ne reconnaitra plus ses élèves

devenus barbu, libellule ou bariton

celle qui aura encore une classe de grands, une année ou deux,

pour ensuite, peut-être, rêver chez des plus petits,

la maîtresse  lit un poème, un poème d'amour, un poème de Ronsard .

Poème qui  soupoudre un silence religieux et la fallacieuse remarque  glissée 

"Durant toute sa vie, Ronsard n'a écrit que des poèmes d'amour,

il n'y a que ça qui l'intéressait dans la vie, l'amour"

prolonge ce beau silence de communion.

Suffit d'évoquer le sentiment pour rapprocher les enfants de la poésie,

pour tendre l'Homme vers le beau.

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