19 octobre 2013

poèmes à foison


Les poèmes naissent jour après jour dans le coeur des élèves

les poèmes se pérénisent noir sur blanc

dans les cahiers du matin.

La maîtresse leur a laissé un lieu où se montrer:

les 4 vitres de la classe donnant sur la cour.

La classe s'habille de vers et

sous ses fenêtres, les élèves de l'école

viennent lire les petits poèmes

corrigés, recopiés, enluminés, collés .

La maîtresse en lit toujours et encore:

du Baudelaire, du Verlaine, Hugo et toute la clique

pour le plaisir de l'ouïe et du coeur.

Lecture à 13h30 d'un poème

puis, lors de l'appel,

les élèves donnent

un mot du poème.

UNE ANNÉE FRUCTUEUSE S'ANNONCE....

 

 

 

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05 juin 2013

Poésie, poésie, poésie, poésie, poésie, poésie, poésie, poésie

Les grands de l'école se coursent, se cherchent, batifolent et

Alban,   malgré ses airs d'ange apatride, est l'égal de ses pairs.

Alban   et les autres garçons pour qui les filles sont "nulles",

Alban et ses potes qui courent après les filles,

les filles dont l'œil brille.

Et qu'il pleuve, qu'il vente ou bruine

les grands de l'école ont du soleil plein les yeux

(un des effets secondaires de l'adolescence qui s'annonce).

Alors la maîtresse des grands,

celle qui, dans un an ou deux , ne reconnaitra plus ses élèves

devenus barbu, libellule ou bariton

celle qui aura encore une classe de grands, une année ou deux,

pour ensuite, peut-être, rêver chez des plus petits,

la maîtresse  lit un poème, un poème d'amour, un poème de Ronsard .

Poème qui  soupoudre un silence religieux et la fallacieuse remarque  glissée 

"Durant toute sa vie, Ronsard n'a écrit que des poèmes d'amour,

il n'y a que ça qui l'intéressait dans la vie, l'amour"

prolonge ce beau silence de communion.

Suffit d'évoquer le sentiment pour rapprocher les enfants de la poésie,

pour tendre l'Homme vers le beau.

Posté par Melodie7 à 12:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

14 novembre 2012

Un petit poème

Lia écrivait dans son petit carnet.

De petits textes sans grand intérêt.

La maîtresse la laissait lire

à la classe.

Sans mots dire .

Sans emphase.

Jusqu'à hier.

Hier la maîtresse lui refusa

la lecture d'un prétendu poème.

Une prose relevant

du langage oral très hypothétique,

incommodant le sens, l'oreille et même la syntaxe.

La maîtresse dit à Lia qu'elle restait collée au sol avec des textes très terre à terre,

qu'elle devait  laisser pousser ses ailes

pour s'envoler, toucher le beau du bout des doigts.

Parfois la maîtresse donne des images pour paroles.

"Je ne parle pas de vraies ailes, Lia!"

et Lia regardait la maîtresse avec un sourire entendu

même si la maîtresse doutait de l'entendement.

Aujourd'hui, à 16h15, alors que la maîtresse se demandait

si boucler un séance de sciences en 10 mn était envisageable,

Lia se leva et mit sous ses yeux,

avec un "je peux le lire",

une page noircie de son carnet ,

une page qui commençait par

"je suis une fleur du passé ",

une page qui stupéfia

puis charma la maîtresse.

Une page comme un cadeau,

qui signait le début d'une métamorphose.

Une page qui semblait offrir à Lia

la paix et la sérénité.

La classe fut prise en otage entre 16h30 et 16h31

pour une raison impérieuse :

la naissance d'une poétesse.

c'est sûr : la maîtresse redemanderait, 

dans la semaine, de multiples lectures de ce poème.

Pour que Lia, la petite fille hérisson,

puisse toucher ses camarades

du bout du coeur.

Sans les mordre.

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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10 octobre 2012

Alban le poète

Alban écrit de nouveaux poèmes:

un premier sur les fleurs signé Alban Fleuri

un deuxième signé Alban Carême.

Alban, le poète exubérant rit.

Il en promet un autre qu'il signera Alban Révolver.

La maîtresse acquiesce :

"Oui Alban, la colère ça s'écrit et ça se met en rimes.

J'attendrai avec impatience!"

Alban annonce la couleur : ce poème fera au moins 6 pages.

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Posté par Melodie7 à 07:55 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

04 octobre 2012

Ludovic le poète-conteur-philosophe.

Aujourd'hui la classse est montée à 32!

Entre les collègues  capitulant devant les micobes,

la valse des classes devant le  R.A.S.E.D., ça fait 32 élèves en tout.

Sans compter le fils de la maîtresse sans maîtresse,

qui s'entête à l'appeler "maman " et,

dans la désobéissance passive, son habitude domestique,

fait du bruit, perd sa feuille de mathématiques, l'interrompt .

Quelques photocopies pour occuper les neurones de nos invités.

Et puis, face à leur désoeuvrement de l'après-midi la maîtresse propose ses petits carnets

pour "écrire des histoires, des souvenirs de vacances , des secrets..."

La maîtresse n'aurait jamais imaginé la suite de la journée :

Alors qu'elle propose quelques minutes d'écoute

pour les écrits en liberté de ses élèves,

devant le silence des cocos, qui écrivent, écrivent

dans leur carnet mais

n'osent pas encore prendre la parole, 

Ludovic, un des invités, timidement,  lève le doigt.

Et là! Miracle! La maîtresse est envoûtée :

Des histoires courtes et denses emplissent la classe,

ses élèves écoutent, les yeux ronds.

Oui! Janelle adore. La maîtresse la soupçonne

de vouloir plaire mais Janelle argumente:

elle aime, dans l'histoire, les matériaux utilisés

par l'oiseau pour construire son nid,

"des pierres de Lune, du nuage léger". 

Oui Janelle a perçu la poésie du texte.

Ludovic est un poète...

chibi princesse

 

S'en suit, le récit d'un "message plein de soupirs",

écrit par un prince

dans l'attente de sa princesse,

 

 

un message qui "voyage

par dessus les monts et les mers"

pour , finalement,

se poser dans la chambre d'une princesse.

Ludovic est un conteur.

Puis l'histoire d'un indien qui veut grandir et qui doit passer des épreuves.

Finalement le chef lui donne la main de sa fille.

La maîtresse s'extasie  mais précise que

le chef indien aurait pu s'enquérir de l'avis de sa fille.

Ludovic est un philisophe qui pose des questions existencielles...

Et puis devant le plaisir de la maîtresse (?) ,

l'émulation faisant frisonner les habitants de la classe (?)

quelques élèves promettent une histoire. deux copines écrivent rapidement un début .

"Jouée ou lue?" . . . jouée répondent les deux grandes timides.

Une autre rappelle avoir déposé ce matin le texte dans le casier à textes.

La mayonnaise serait-elle en train de prendre?

Posté par Melodie7 à 12:05 - - Commentaires [10] - Permalien [#]

28 août 2012

Poésie à dire

La maîtresse avait acheté un recueil de poèmes, joliment illustré.

 

 Elle avait pensé en refaire un semblable

avec les élèves, rassemblant leurs poèmes préférés .

Voila qu'au détour d'une page

elle se trouve nez à nez avec un poème guère amical :

long, abrupt, pompeux

CARNAVAL

Venise pour le bal s'habille.
De paillettes tout étoilé,
Scintille, fourmille et babille
Le carnaval bariolé.
Arlequin, nègre par son masque,
Serpent par ses mille couleurs,
Rosse d'une note fantasque
Cassandre son souffre-douleurs
......Théophile Gautier

Et puis voici que sa poulette saute sur ses genoux et

lui en réclame la lecture.

Déraisonnable à son âge (croizans) mais sur ce, elle s'exécute.

Lorsque le poème se pose sur ses lèvres ,

lorsque les mots sont articulés par sa bouche

alors là le poème guère amical, long, abrupt, pompeux , se déploie, 

exhibe sa superbe. Chaque mot-caillou devient un bijou cousu

dans l'instant sur un habit de fête.

Alors là, la maîtresse acquiert la conviction que l'unique raison d'être

d'un poème est d'être mis en bouche, oralisé.

S'il s'est retrouvé collé sur la page du recueil

c'est pour voyager en conservant sa couleur.

Et s'il en était de même pour le théâtre ?

 

 

Posté par Melodie7 à 08:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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