28 août 2012

Poésie à dire

La maîtresse avait acheté un recueil de poèmes, joliment illustré.

 

 Elle avait pensé en refaire un semblable

avec les élèves, rassemblant leurs poèmes préférés .

Voila qu'au détour d'une page

elle se trouve nez à nez avec un poème guère amical :

long, abrupt, pompeux

CARNAVAL

Venise pour le bal s'habille.
De paillettes tout étoilé,
Scintille, fourmille et babille
Le carnaval bariolé.
Arlequin, nègre par son masque,
Serpent par ses mille couleurs,
Rosse d'une note fantasque
Cassandre son souffre-douleurs
......Théophile Gautier

Et puis voici que sa poulette saute sur ses genoux et

lui en réclame la lecture.

Déraisonnable à son âge (croizans) mais sur ce, elle s'exécute.

Lorsque le poème se pose sur ses lèvres ,

lorsque les mots sont articulés par sa bouche

alors là le poème guère amical, long, abrupt, pompeux , se déploie, 

exhibe sa superbe. Chaque mot-caillou devient un bijou cousu

dans l'instant sur un habit de fête.

Alors là, la maîtresse acquiert la conviction que l'unique raison d'être

d'un poème est d'être mis en bouche, oralisé.

S'il s'est retrouvé collé sur la page du recueil

c'est pour voyager en conservant sa couleur.

Et s'il en était de même pour le théâtre ?

 

 

Posté par Melodie7 à 08:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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