Elsa va mieux.

c'est le bilan de son bulletin.

Elsa et son papa sont dans la classe.

   Les apprentissages sont au goût du jour mais le gros souci reste

cette timidité. Même avec  sa maîtresse.

Malgré  quelques exhubérances pour montrer sa joie ,

Elsa est une girafe au coeur de souris.

La maîtresse s'inquiète toujours pour ces élèves empêtrés

dans la gêne et le malaise. Elle se dit que ceux-là n'ont pas les armes

pour riposter aux morsures de la vie.

Elsa ressemble tant à la maîtresse enfant!

Si elle pouvait, au moins, semer quelques graines pour l'avenir.

La maîtresse évoque cette timidité avec le papa lors de la remise du bulletin.

Le papa admet : Oui c'est un gros souci . Il y pense avec angoisse.

Non, Elsa refuse d'aller voir un psy . Comme sa grande sœur l'a fait!

Elsa ne veut pas lire ses poèmes en classe ni ses histoires.

ni même les montrer à la maîtresse .

La maîtresse explique qu'elle a toujours respecté la distance d'Elsa.

Mais cela va changer un peu.

 Et puis aujourd'hui un mystère de la vie de classe:

Pour enrichir la production d'écrit, la maîtresse a exigé

l'ajout d'adjectifs aux groupes nominaux.

Quelques exemples à l'oral:

Tim propose "un poisson" qui devient "un poisson diabolique",

"un gentil poisson", "un poisson rouge", puis apparaît le nom commun " chat"

Elsa lève le doigt, évènement quasi exceptionnel 

qui n'échappe pas à la maîtresse, et offre :          

 " un chat timide"

Et même si le propos n'a rien d'inattenu,

la maîtresse en reste comme deux ronds de flan!

A 16h30, elle apostrophe Elsa:

"Dis donc ce chat timide,  quelle chouette idée d'histoire!

Mais ce chat c'est pas un peu toi?

 Tu pourrais l'écrire cette histoire!

Et je pourrais la lire?

Et puis, tu vois, si un jour tu acceptais de voir un ou une psychologue,

et bien tu pourrais lui montrer cette histoire

qui parle d'un petit chat timide mais qui parle aussi de toi...."

La petite acquiesce avec un grand sourire.

Elles en reparleront.