15 janvier 2014

Nouvelle année

matériel élèves vecteur fournitures

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une rentrée en douceur.

Des regards hagards. Une tendresse retrouvée.

Des objectifs d'apprentissages pour les prochaines semaines.

 

 

La mise en place d'un E.N.T. peu avant les vacances ,

contenant un cahier de texte, un cahiers de correspondance et d'un blog.

Ce dernier a été investi (et encouragé) à la manière des fenêtres de la classe.

avec l'étonnement de voir deux  timides oser prendre la parole derrière l'écran,

des vocations de poète ou de narrateur se confirmer. Ou même s'infirmer.

Le temps d'investir ce nouveau lieu de liberté.

Supervisé par la maîtresse qui n'accepte aucun commentaire déplacé.

Le temps d'établir une chartre de navigation.

 

étudiants, l'étude

Du théâtre avec les C.P , CE1. avec les A.P.C.

Un niveau qu'elle connaît peu.

Découvrir leur spontanéité, 

leur univers, leurs rires,.

Les voir occuper l'espace avec bonheur.

Remarquer une petite qui se cache,

une que la maîtresse accompagnera

une heure par semaine pendant 6 semaines.

Approfondir et systématiser les fractions décimales

(avant de démarrer, dans ques jours,nombres decimaux)

avec des jeux  ici ou là

qui mettent du défi en laissant des bulles de créativité

(se fabriquer un pion, tracer et décorer la piste)

quelques blocages qui viennent signifier

combien ces jeux complètent efficacement les exercices sur feuille.

Et puis la maîtresse s'installe et joue avec les élèves.

Au grand étonnement des enfants....

ESQUISSE DU FUTUR

 

 

 

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30 décembre 2013

les tigresses

Des larmes à 8h30,puis à 10h20.

De vieilles rancoeurs invoquées.

Grosse bagarre dans les toilettes.

Défouloir , crachats, insultes:

les filles ont tiré des cheveux, frappé,

fripé des vêtements. Deux bandes

qui se sont affrontées .

Deux bandes qui génèrent

des querelles de parents.

Deux hordes qui se défient,se jalousent

depuis le début de la primaire, deux clans qui se répartissent

équitablement entre la classe de la maîtresse et celle de sa collègue.

Elle a fait connaissance avec les deux gangs dès les 1ers jours de septembre.

Elle a écouté, apaisé parfois, fait des rappels à la loi.

Elle a toujours tenté de rester objective dans cet imbroglio, luttant contre la facilté

qui serait de  prendre parti pour ses élèves.Sa voisine, elle, refuse d'écouter

les chamailleries, écarte les querelles d'un revers de la main invoquant les défauts

de ses élèves à elle, la maîtresse. Et les siens seraient-ils irréprochables?

Grosse bagarre dans les toilettes à 10h20.

Après les insultes et les coups, il va falloir revenir jusqu'aux origines de la haine.

Si les filles se laissent guider...

La maîtresse réunit les 3 filles qui semblent être les protagonistes:

2 de la classe voisine et une miss de la sienne.

L'une démarre le récit et la maîtresse les questionne:

Finalement, en démêlant la pelote, le fil de l'histoire se déroule

sous les yeux amusés de la maîtresse:

Donc au tout début, à 8h20, à l'ouverture de la grille,

Judith a enlacé Héléna .

Aline, la meilleure amie d'hénéna, l'a vue et elle assure que

Judith a regardé Aline en la narguant,

D'un air de dire :"voilà maintenant

c'est MA meilleure amie à moi !"Droite

Mais Aline a -t-elle imaginé

les regards narquois?

Héléna comme un objet

dont on peut se sentir dépossédé.

Oui c'est vrai, admet Aline,

l'imagination est folle.

Oui , le problème c'est cette jalousie . Jalousie à l'origine de la violence .

Est-ce que personne ne doit s'approcher de ta meilleure amie

ou est-ce que c'est à toi de réfléchir à ta jalousie?

La deuxième  possibilité...raisonne Aline.

La jalousie. N'y a t-il pas de sentiment plus humain que la jalousie? 

La maîtresse se souvient de sa douleur d'enfant à l'idée de partager les êtres aimés,

du désarroi qui se dissimule derrière un sentiment tant décrié.Alors elle donne quelques billes:

- C'est un peu comme la petite fille qui ne veut pas partager sa maman .

Judith se souvient: 

- Moi en vacances mes parents avaient emmené ma grande copine en vacances

et ils s'occupaient plus d'elle que de moi. Alors je faisais que des bêtises,

je sautais sur les lits, je criais. Tout ça juste pour qu'ils s'occupent de moi!!!

Grande clairvoyance de l'enfance ...

 

 

 

 

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29 décembre 2013

Tous les écoliers et tou(te)s les maître(sses)

Tous les écoliers et tou(te)s les maître(sse)s sont en vacances.

Après un 1er trimestre inoubliable, riche en évènements, fort en émotions.

Les élèves ont présenté leurs pièces de théâtre à un public heureux.

La maîtresse a distribué les bulletins aux parents. Certains l'ont gratifiée de  jolis mots:

Des écoliers heureux qui vont à l'école avec plaisir,

un infini bonheur pour certains à utiliser l'écrit pour se dire,

des  timides qui s'épanouissent,  des stressés au travail qui s'apaisent.

une approche  différente qui plaît.

Qui inquiète parfois. (Réintégreront-ils facilement un cadre plus classique?)

Elle sait que d'autres mots sont tus: Qu'ils restent à la grille de l'école!

La maîtresse travaille avec son coeur et ne veut voir que les beaux mots.

Certaines choses sont à modifier: elle sait que ces vacances seront productives.

Et puis, un  turn-over  s'impose...

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24 décembre 2013

JOYEUX NOËL

 

 

JOYEUX  NOËL

DES SOURIRES ACCROCHÉS AU COEUR.

 

 

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08 décembre 2013

camille

 

Une illustration de vecteur d'une fille qui court et à pleurer Banque d'images - 15956617A 13h15 Camille pleure.

C'est Kiria qui le raconte à la maîtresse.

Une maîtresse traquée jusqu'en salle des maîtres.

Les élèves perçoivent rapidement l'empathie de leur instit,

ils savent qu'elle ne restera pas insensible.

A 13h15 Camille pleure et c'est à cause de Timéo.

Qu'a fait Timéo?

      - Il m'a dit qu'il était amoureux de moi!

       MAIS MOI NON,MOI JE NE L'AIME PAS!!!

 Alors la maîtresse sourit; elle questionne la miss qui redouble de larmes:

    - Mais tu pleures parce que tu ne l'aimes pas ou

      tu pleures parce que ça t'inquiète ?

    - Parce que ça m'inquiète ! TU TE RENDS PAS COMPTE, MAÎTRESSE

      MAIS c'est la 1ère fois qu'on me dit ça !!!!

Camille est en train de se construire une image de jolie fille

qui plaît aux garçons de son âge...Elle est en train de construire son image

de jeune fille, une idée de la féminité.

La maîtresse se souvient ... Elle sait combien ça peut être compliqué.

Cette histoire de Camille fait sourire la maîtresse. Une histoire qui la touche.

Elle, la maîtresse qui a si mal à sa féminité, elle qui va voir un psy.

Tous les jeudis, elle monte à Paris, dans ce lieu où elle dit "je".

Un psy qui, ce jeudi, ne lui dit que "oui, oui" . Alors la maîtresse sourit et

parle de Camille,elle dit "elle" et puis elle dit "je". Alors la maîtresse,

qui est si mal femme,énonce deux ou trois paroles.

Quelques paroles sur la genèse de la jeune fille dans son coeur à elle.

Quelques paroles qui, ce jeudi, ont un effet magique

sur la femme si mal femme qu'elle est aujourd'hui.

Quelques mots dits dans un lieu particulier où elle dit "JE", à un être qui écoute

et qui lui permet de prendre conscience que certaines anecdotes de classe,

surtout les histoires qui la touchent, qui l'émeuvent sont des instants

qui parlent d'elle,de ce qu'elle est au plus profond d'elle même,

de cette part silencieuse et secrète qui peut parfois prendre le pouvoir.

Le psy qui, ce jeudi, ne dit que "oui, oui" lui a permis de prendre conscience

que l'histoire de Camille peut contenir des secrets sur elle-même,

sur la construction complexe de sa féminité.

La maîtresse militerait bien pour des lieux de paroles pour les instits.

Cela se fait bien, parfois, pour les infirmères. Mais elle sent la pudeur,

la difficulté de mettre en mots les douleurs professionnelles,

de les re-lier avec des douleurs personnelles.

 

 

 

 

 

 

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05 décembre 2013

les larmes d'Hyppolyte

Hippolyte fait parti des quelques élèves qui marquent

le pluriel du verbe comme les noms avec un "s" et non "ent".

Hyppolyte est au tableau et la maîtresse accueille ces 1ers "s" avec un ton ferme :

" Non, non, hyppolyte, je ne suis pas d'accord!"

La dessus, 

les épaules d'hyppolyte, 

tournant le dos à la classe,

sont prises de secousses .

La maîtresse met quelques secondes

à deviner les larmes de l'enfant .

Re-belote la semaine suivante, hyppolyte pleure la tête posée sur son cahier.

La maîtresse ressent cette peine, elle pourrait presque se sentir coupable

puisque ce sont ses mots qui l'ont provoquée.

Mais désormais la maîtresse REFUSE tout sentiment de culpabilité.

Elle a entreprit de lutter contre elle-même,

contre ses "quoi ? qu'est-ce que j'ai fait? j'ai rien fait, moi!

lutter contre les autres : contre la vilaine qui lui dit pour la 3ème fois que la maîtresse est

une instit trop nulle avec cette admirable assurance, contre sa bellâme qui dit " bein non c'est toi!",

contre son chéri qui sous entend que c'est à cause d'elle,

contre le collègue qui, sans raisons, cumule les mots de défaut de confiance.

Elle lutte contre ces questions intérieures, elle déconstruit dans un lieux où

                            elle dit "je",

un lieu où elle tisse du sens entre les évènements ordinaires et sa vie psychique,

un lieu où elle apprend à dire MERDE pour poser ses NONS.

Son coeur a ramolli légèrement devant les larmes d"Hyppolyte

MAIS elle refuse s'apitoyer, elle veut lui insuffler une autre réponse face à l'adversité :

le courage, la hargne.

Chaque matin,  Hyppolyte se poste au tableau

pour écrire une ou deux phrases douloureuses.

Chaque jour, Hyppolyte ( associé à 2 ou 3 camarades) a relevé le défi.

Aujourd'hui hyppolyte fait parti des rares élèves ayant réussi la dictée

enrichie de groupes nominaux et aux sujets très éloignés de leur verbe.

Hyppolyte est devenu, aux yeux de ses pairs,

               l'illustration du courage et de la ténacité !!!

 

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29 novembre 2013

liberté

La maîtresse a toujours détesté ces couloirs d'écoles tapissés 

de photocopies d'oeuvres" à la manière de",

tous les enfants reproduisant le même travail à la chaîne.


Dès l'I.U.F.M., elle savait qu'elle ne voulait pas de ça.

Elle a questionné sa tutrice de mémoire qui lui a parlé ainsi:

"Utilise la technique de l'artiste mais laisse leur le choix du sujet."

Elle aime les oeuvres "à la manière des pointillistes" avec les points

mais représentant un chat ou un cheval, un dragon ou une princesse un peu fée,

des parents étranges, une voiture qui vole ....

Elle aime retrouver, sous les volutes

"à la manière de Vincent Van Gogh", des sujets variés.

Alors en  début d'année, elle sourit aux

"j'ai le droit de faire ci? J'ai le droit de faire ça? ",

un sourire qui dit  OUI !

Un oui qui énonce à pas feutrés :

" Libère toi des entraves du conformisme,

de la pensée unique, du bien pensé, bien vu.

refuse d'entrer dans le moule

tout en respectant le contrat social

Explore ce qui t'habite, use de ton droit premier :

    ta liberté."

La maîtresse a aimé toutes ces dernières semaines,

criblées d'évaluations, livrets prochains obliges,

elle a aimé ses élèves   si créatifs,

             si passionnés,

                                si libres....

 

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27 novembre 2013

des petits!!!

Tiens! Deux minus entrent dans la classe ce matin:

Une maîtresse absente a laissé la surprise sur le pas de la porte,

une collègue nouvellement nommée. Une débutante qui aime rire en classe avec ses élèves,

une maîtresse qui veut partir des préoccupations de ses élèves. Une collègue à qui  la maîtresse a suggéré,

mine de rien, quelques pistes. Des petites choses dont elle s'est emparée, sans rien laissé paraître.

Deux petits de 6 ou 7 ans . La maîtresse se souvient...

Elle aime les petits. Elle aime leur sourire, leur naïveté, leurs yeux étonnés

sur un monde tout neuf, les mots innocents, l'enfance éclatante de beauté.

Elle aime aussi deviner l'adulte en devenir dans les yeux de ses grands élèves.

Alors à 11 h elle lance les petits sur la piste du texte libre autour de leurs dessins..

L'un s'emballe :

"J'ai dessiné une mémé qui se promene dans la rue et puis il y a des méchants.

Elle sort un pistolet et elle tire."

Le petit lève les yeux, étonné devant le sourire de cette maîtresse.

Quand on met la phonétique au service de l´imaginaire, quand on les laisse libres d'explorer les mots et les sons pour laisser une trace,une histoire: il ne faut pas s'étonner  de voir surgir un peu de violence, pour permettre à l'élan vital de s'ancrer dans la phonétique.

La petite dessine une maison avec des fenêtres qui s'ouvrent avec pliage et collage

(" c'est enfant qui m'a montré comment faire alors j'ai voulu faire pareil ") ,

puis deux coeurs sur une feuille pliée en 4:

" pourquoi y a-t-il des traits dessus?demande la maîtresse curieuse .

- Parce qu'ils sont en prison.

- Pourquoi?

- Parce qu'ils ont fait des bêtises.

La maîtresse se souvient, alors qu'elle effectuait un remplacement, du maître avait vu

les productions d'écrit faits avec la remplaçante et lui avait précisé qu'à son retour

il faudrait canaliser toute cette énergie...

Elle se souvient de cette maman qui avait remercié chaleureusement

cette remplaçante pour avoir aidé son fils à aimer l'école....

 

Elle se souvient de ses petits, il y a 5 ans, lorsqu'elle décida,

sans le savoir elle-même encore à l'époque,

de prendre un virage en épingle avec ses 5 premières années

de sa carrière de maîtresse, elle se souvient qu'elle avait oublié

combien elle aimait les petits de cycle 2....

L'an prochain, cher Père Noël, la maîtresse voudrait à la fois

des petits et des grands dans sa classe...

Pour ne pas avoir à choisir, pour ne pas avoir à renoncer...

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11 novembre 2013

Retour de vacances de la toussaint

Hypolyte est pâlichon en ce lundi de rentrée.

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Il demande à aller aux toilettes et en revient avec une tête horrible:

il a vomi tout son déjeuner.

La maîtresse se souvient d'un scénario identique le 1er jour de rentrée

de septembre. Plusieurs demies-journées d'absences suivirent.

Après avoir questionné sur un éventuel stress (que nenni) , suspectant une gastro,

elle finit par appeler sa maman qui vient le chercher à 9h10.

Pile poil quand la classe part mettre en scène.

La maman explique qu'il était heureux de revenir en classe, qu'il lui est arrivé la

même chose pendant ces dernières vacances autour d'une fête chez un copain:

Heureux d'y aller et il avait finalement  annulé après avoir vomi.

La maman promet de le ramener à l'école pour l'après midi.

A 13 h30, la maîtresse a quelques mots pour Hypolyte:

" Je crois qu'il y a du stress derrière tout ça! "

Hypolyte secoue négativement la tête avec énergie.

Mais la maîtresse sait bien que les grands de l'école sont en train de se construire une cuirasse,

ils ont perdu la naïveté des petits, ils n'ont pas toujours accès à ce qui les habite.

Avec les grands, il faut emprunter des chemins détournés : proposer de parler du stress

au dessus des histoires écrites le matin, en arts visuels,  à partir des personnages littéraires.

Encore faut-il que l'enfant soit d'accord pour suivre l'adulte. Dans le cas contraire, la maîtresse doit renoncer.

 

"On discutera durant les prochaines semaines! De plus, insiste la maîtresse qui opère

son 1er turn over de l'année, ce matin au théâtre on a travaillé sur les émotions.

Et parfois, quand on a une émotion forte, comme le stress,ça contracte l'estomac et

on vomit.Parfois. Je crois que c'est important pour toi le travail sur les émotions

au théâtre car les absences d'après chaque période de vacances vont poser problème

pour tes apprentissages en classe".

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08 novembre 2013

En septembre

 

A la fin de sa réunion, la maîtresse a lancé un " on se voit ? " à la maman d'Eliot

La maîtresse voulait comprendre:AFemme-triste-HATC1-385x308

Elle a regardé

cette grande et belle femme s'asseoir...

Elle a senti qu'elle pourrait pleurer.

Mais ça n'effraie plus la maîtresse, 

les larmes des autres.

Une maman qui, en juin, ne voulait pas

que son fils soit dans cette classe.

Car, Eliot est, aurait-elle dit au téléphone,

un élève tumultueux, à tenir d'une main de fer.

Alors la maman a raconté, à mots couverts, l'année passée chez la collègue.

Une année faite de vexations, d'humiliations de la part de l'adulte.

Une année faite des larmes, de cauchemars, de peurs, de maux de ventre.

La maman a parlé de la psychologue qu'Eliot a eu la chance de rencontrer.

La maîtresse l'a rassurée : " Cette année sera différente."

Sa classe est, pour certains, un lieu de convalescence ....

Peu à peu la maman a libéré la parole; Elle a presque tout dit.

Le tremblement des lèvres disait combien tous ces mots la blessaient .

Tous les mots prononcés l'an passé à l'encontre de son fils.

La maîtresse a compris pourquoi certains parents n'osaient lutter contre les humiliations,

pourquoi les parents de Marc ont tu les persécutions:

la peur des représailles dans le lieu clos de la classe.

La maman a dans son sac une bombe (juste la vérité qui pourrait éclater)

La maîtresse a révélé son rdv planifié avec l'inspecteur,

elle a dit que les dossiers,même explosifs,devaient être transmis

pour que plus personne ignore les larmes des enfants pétris par les adultes.

La maîtresse a entendu un silence. Elle a voulu savoir.

Pourquoi cette maman ne voulait-elle voir son fils dans sa classe ?

En juin,on aurait rapporté à Eliot et à ses parents que "la maîtresse était méchante ."

La maîtresse sait combien les élèves sont fidèles à leur instit,sa collègue.

Elle sait que ces paroles ne viennent pas des enfants.

Elle prend conscience que cette collègue parle dans son dos.

Qu'importe: le sourire de ses élèves suffit à rétablir toutes les vérités 

que, seules, les jalousies peuvent tenter d'éroder.

Mais la maîtresse a poursuivi , elle est allé au delà des apparences,

elle a parlé d'un travail pour elle, la maman.

ce n'est pas que cette histoire terrifiante qui explique cette fragilité .

" Votre fils ne risque rien cette année...Cette fragilité, ça me rappelle moi, il y a quelques temps, quand j'emmenais ma fille chez la psy. Nous, les parents, nous voulons les protéger nos mômes et on ne réussit pas toujours. On voudrait être tout puissant contre le mal . Quand on n'a pas réussi à leur épargner cette souffrance on se sent coupable. Mais ça réveille des culpabilités plus anciennes..."

La maman sourit. elle accepte ses mots,  elle parle d'un travail .

Oui, certainement. Un travail à terminer

 

 

 

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